III. DEUX ÉDUCATIONS
Anaïs et Laure avaient grandi ensemble, sans jamais se quitter un instant, depuis le jour où, sous les yeux de sa mère mourante , Laure avait reçu les premières caresses d'Anaïs ; ce souvenir était sans cesse présent à l'orpheline ; le malheur avait hâté son intelligence , et l'avait faite de bonne heure grave, réfléchie et forte. Elle aimait Anaïs par reconnaissance, par sympathie , avec cette tendresse protectrice que le fort accorde au faible. Les dernières paroles de sa mère, conservées au fond de son cœur, vibraient encore à son oreille : « Aime-la comme ta sœur : sois-lui dévouée, et, s'il le faut un jour, sacrifie pour elle