‹ Les enfants peints par eux-mêmesChapitre 51 sur 58 · IIIJK · texte numérisé non relu

IIIJK

(rèli'c aussi piésompUieuse et aussi ignoraiilc^ , et de manquer autant d'éducation ! Que je suis lionleuse de mètre laissé prendre à de si pauvres apparences! que j'élais avieugle, luon Dieu ! — Tu vois, nia fille , lui dit son père , combieu les apparences sont trompeuses et qu'il est sage de s'en méfier; celui qui se livre à la iiâte, se repent à loisir. Tu avais une amie véritable , vois-tu , Ilemietle , el (jiii valait mieux dans son petit doigt que mademoiselle de Boisguérel dans toute sa personne. Ah ! si lu voulais m'en cioire; mais non... ; Ion oi'gueil...

Hélas! M. Deluc n'avait que trop raison, l'orgueil seul retenait Henrielle; elle comprenait l'indignité de sa conduite envers Julie , elle en éprouvait du repentir; elle reconnaissait la justice des éloges que son père lui donnait; elle commençait à souffrir de son absence, et se surprenait (pielquelbis à pleurer amèrement , toute pénétrée d'une moi'ue tristesse qui s'accroissait tous les jours... Elle sourirait, la pauvie enlant, mais dans un silence o!)stiné; tandis ([ue d'un seul mot elle eût pu faire revenir en foule aupiès d'elle les joies innocentes de son enfance, les plaisirs {»artagésqui doublent de prix, et la gaieté folâtre, et ces douces confidences, et tous ces charmes délicieux, enfants de l amitié. IlIIc n'avait (ju'un mot h diie..., elle ne le dit pas, el son orgueil devint son propre bour'reau... Depuis sa mésaventure, Octavie avait cessé ses visites àHem-ietle; et bien qu'au cours de M. Lyvé, où elles se rencontraient souvent, elle la tr;iitàt loujoui's avec le même empressement, lui promettant chaque jour d'aller la voir , un mois s'était passé sans (pi'elle eût réalisé celte promesse. Henriette se consumait d'enimi , et plus l'image d'Octavie s'éloignait, plus celle de Julie se j'avivail dans son àme. Ah ! quelle eût voulu L» revoir, lentendie encore!... conjbien elle en sentait le prix ! J.'eniuii . la lutte continuelle de ses [)elites passions entre elles , les legrets cuisants et le souvenir du [jassé

(jui conli'asUul si fo ri avec le présont, loiUos cos raiisos ivnnies altéièi'onl (Milin la saule de HenricUe ; elle loMil)a malade, une lièvre ai'de[ile la saisil, et mil ses jouis eu danger. Les élèves de M. Lyvé en eausèrenl eulie elles an coui's : «Il fandi'a poiulaut que j'aille la voir, dit IroidemeutOelavie. — Mais on eraint, dit-ou, que ee ne soit la petite vérole. — La pelile vérole, mon Dieu! oh, alors je u'irai pas. Je ne m'exposerai certainement pas à gagner eetle aiïieuse maladie! » Telles furent les senles doléances que la maladie de Henrietle arracha à sa fausse amie , et non-seulement celle-ci n'alla pas la voir , mais elle n'envoya pas même chercher de ses nonvelles. Quant à Julie , sitôt qu'elle apprit le danger , elle se transporta chez M. Deluc, et insista longtenq)s pour voir Henriette et ponr lui donner ses soins; M. Deluc cherchait vainemeni h Ini démontrer l'iLuprudence de sa démarche; en vain lui disail-il qu'il sciait Irès-coupable de céder à ses désirs , elle persislait dans ses instances, il fallut qu'il se prononçai formellement dans son refus. Alors elle céda, maischaqnc jonr elle venait savoir des nouvelles de la malade, el sa joie fut grande quand, le troisième jonr, les médecins ayant donné l'assurance qu'il n'y avait point à craindre la pelile vérole, il fnt permis à Julie d'entrer. Ce fnt pour sou cœur un triste spectacle... Henrietle était bien changée, pâle ei maigrie, le regard elfaré, et articulant des mois sans liaison... Jnlie l'embrassa, l'appelant des plus doux noms, s'établit cà côté d'elle, et lui [)rodigua les soins les plus tendres et les plus assidus; elle n'en fui pas reconnue : la pauvre enfant avait le délire. Le matin du qualrième jour, madame Deluc et Julie donnaient quelques soins à Henriette; celle-ci paraissait mieux. Tout à coup elle regarde sa mère avec aHenlion : « Ma mère, s'écrie-t-elle, ma mère! que je suis heureuse de te voir! il y a si longtemps (pie je l'ap|)elais. Ah! j'ai bien sou fie ri . va!... et puis

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j'ai l'èvé ; il me semblait que lu étais auprès de luoi avec mon père et une autre personne... qui me reijjardai! avec un doux sourire, m'embrassanl et mappelanl, connue autrefois, son amie, sa chère Ilenrielle... A partir de ce moment j'ai moins soufTert... J'étais si heureuse de la revoir là, près de moi! il me send)lait que sa voix avait la vertu de calmer mes douleurs...; mais elle n'est pas là, n'est-ce pas? Julie n'est pas là ; c'était un songe! — Non, chère et bonne Heni'ielte, ce n'était pas un songe, dit Julie en se penchant sur elle pour l'embrasser. — Julie! Julie! c'est toi! oh! que tu as donc bien fiiit de venir! je le désirais tant sans oser le dire ! — liUe n'a pas quitté ton chevet depuis quatre jours , lui dit sa mère. — Vraiment ! Oh ! cellelà seule est mon amie ! Nous ne nous quitterons i)lus, n'estce pas, Julie? Ah! j'ai trop souffert de ton absence! — Non, jamais, lui dit avec une douce émotion Julie, dont des pleurs baignaient le visage ; ah ! si j'avais su que tu désirasses ma présence, comme je me serais empressée d'accourir! — Tu m'avais donc pardonné? Tu ne m'en voulais plus? — T'en vouloii', ma bonne Henriette, je l'aime bien trop pour cela; et entre amies véi-itables, ne doit-on pas beaucoup se pardonner? — Oui , dit Henriette en baissant les yeux, les vraies amies sont lares, je le sais aujourd'hui ; je sais aussi que l'on peut s'égarer bien loin eu accordant trop facilement sa confiance... ; chère Julie, ne crains pas que je l'oublie; l'expérience m'a i-endue sage. » Henriette a dit la vérité; jamais, depuis ce jour, le moindre nuage ne s'est élevé entre les deux amies; et c'est pour elles qu'il est vrai de dire aujourd'hui : L'amitié est un des plus nobles sentiments que Dieu ait placés dans le cœur de l'homme, le plus fertile en consolations, et celui qui i)rocure le plus parfait bonheur.

Mlle Ai.nEUTiM: m: VANUirn..

Ce que nous avons de plus habile en compositeurs , en chanteurs , en instrumentistes, professe au Conservatoire de Paris. C'est, de tous les établissemenls de ce genre, celui qui est conçu selon le plan le plus vaste : il a rendu d'immenses services à la nation et fourni des milliers d'instrumentistes qui, pour l'ensemble , la vigueur, l'élégance de leur l'xécution , n'ont pas de rivaux au monde.

Nos meilleurs chanteurs ont été formés au Conservaloire de Paris.

CASTIL-HLAZE.

Qui ne connaît la violente action de l'harmonie combinée delà façon la plus ordinaire sur les tempéraments nerveux, dans certaines circonstances

Vingt fols nous avons vu des hommes graves obligés de sortir pour soustraire aux regards du public la violence de leurs émotions; quant à celles que l'auteur de cet article doit personnellement à la musique , il affirme que rien au monde ne saurai! en donner une idée aux personnes qui ne les ont pas éprouvées.

HECTOR nERLIOZ.

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