Dédicace des Consolations^ adressée à Victor Hugo
drame, les vétérans à'Hernani, Ceux-là aussi se souviendront. Théophile Gautier nous a dit réchec du poète auprès d'eux. Vacquerie et Meurice, les intendants infatigables envoyés à Nanteuîl, demandèrent à celui-ci « trois cents Spartiates décidés à vaincre ou à mourir, plutôt que de laisser franchir les Thermopyles àTarmée barbare. Nanteuil secoua sa longue chevelure, toute crépelée et toute annelée, d'un air profondément mélancolique et répondit en soupirant à Vacquerie qui avait porté la parole : « Jeune homme, allez (( dire à votre maître qu'il n'y a plus de jeunesse ^. »
Plus de jeunesse I Grands dieux I qu'aviezvous fait de celle d'IIernani ? Qu'étaient donc devenues ces cohortes ardentes qui criaient si haut votre gloire et ont porté si loin votre fortune?
Décimées et vieillies, écartées par votre dédain, constamment occupées du problème de leur subsistance, ne se soucieraient-elles plus à cette heure, d'user leurs dernières forces au bénéfice du chef ingrat ?
Un jour, pourtant — écoutez bien ceci, — un jour de février 1835, tous les vétérans se retrouvèrent. Ils quittèrent leurs quartiers épars aux quatre vents de la misère, et, comme pour un pèlerinage, se portèrent en files silencieuses devant le Théâtre-Français. Les premières ombres de la nuit tombaient à peine qu'ils étaient là,