‹ LES ENFANTS PERDUS DU ROMANTISMEChapitre 23 sur 57 · L.-A. BERTHAUD · texte numérisé non relu

L.-A. BERTHAUD

V Homme Rouge, Malgré la bienveillance populaire, le talent de ses rédacteurs et la sympathie de ses confrères, l'attention s'en détourna vite. La Glaneuse, toujours maternelle, imprimait des appels touchants comme ceux-ci :

II est du devoir de la presse indépendante de faire entendre le cri d'éveil et de dire aux populations : « Citoyens, voici un nouvel étai à la cause de la liberté des peuples. »

Nous avons déjà rempli cette tâche. A notre exemple les feuilles libérales de Paris et des provinces ont payé à VHomme Rouge le salaire d'éloges auquel il a droit, et les noms de Berthaud et de Veyrat sont aujourd'hui connus de la France patriote et de la France littéraire.

Ces assurances, hélas ! ne ralliaient plus personne autour des deux jeunes gens, et ceux-ci firent alors entendre aux Lyonnais qu'ils pourraient bien s'expatrier:

Et c'est aussi pourquoi, poètes prophétiques. Abattant sur Lyon l'essor de nos distiques, Abreuvés d'amertume et de dégoût nourris.

Nous fermons notre oreille aux appels de Paris '.

La menace n'eut aucun succès ; Lyon, du moins, n'y prêta qu'une attention distraite, et il fallut se résoudre à voir mourir le journal. Un matin, Alexandre Dumas se rendant en Suisse rencontra les deux poètes désolés, les écouta, s'émut de leur tristesse; et puis, comme il avait

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