‹ LES ENFANTS PERDUS DU ROMANTISMEChapitre 24 sur 57 · VEomme Rouge du 19 mai · texte numérisé non relu

VEomme Rouge du 19 mai

grand cœur, il leur promit la capitale. C'était le moins qu'il pût leur donner. L'Homme Rouge rasséréné prit aussitôt la diligence, non sans avoir prévenu ses derniers fidèles pour qu'ils lui fissent crédit quelques semaines, et il roula vers Paris.

Les Lyonnais saluèrent ainsi son départ :

Aujourd'hui que Veyrat et Berthaud sûrs de leur force et de leur verdeur vont se diriger vers la capitale, c'est de ce point éclairé que V Homme Rouge, dorénavant, lancera ses foudroyants anathèmes. Il faudra bien que Ton écoute quand sa voix sévère retentira au sein d'une population de poètes courant tous une carrière périlleuse et avides de se dépasser.

Tous deux jeunes, brûlés du feu sacré, tous deux pleins de patriotisme et d'avenir vont affronter de nouveaux périls. Ici le pouvoir les laissa tranquilles, car le pouvoir tremblait peut-être devant le retentissement d'un débat ; mais, à Paris, des persécutions attendent les deux athlètes. La haine est active là-bas, ils auront à combattre à la fois et la force qui menace, et la crainte qui flotte, et l'or qui avilit. Berthaud et Veyrat résisteront à toutes les épreuves, ils mépriseront les faveurs qui dégradent et les promesses qui humilient. Libres et fiers ils suivront la ligne d'honneur qu'ils se sont tracée et, vainqueurs ou vaincus, ils lèveront un front indépendant que personne ne fera rougir.

A Paris donc, Veyrat et Berthaud I à Paris I nous vous y attendons I ^.

L'histoire jette son ironie dans le lyrisme un peu grotesque de cet adieu. A Paris, ils y sont

l. La Glaneuse, 8 septembre 1833,

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