Ph. Aadebrand, Petits mémoires du XIX* siècle
!12 CHAPITRE m
de Fargueil et de Calvimont. Le pistolet était en chocolat.
Berthaud ne se suicida, ni ne parla plus de le faire. Non qu'il pût être corrigé par la plaisanterie un peu forte de ses amis, mais parce que la main redoutable qui cueillit tant de poètes au seuil des mansardes sans feu, allait bientôt marquer elle-même l'échéance de sa pauvre vie. Avant que Veyrat, son collaborateur et son ami de sept années, retournât aux Alpes natales, tous deux s'étaient rendus compte du terrible mal qu'ils portaient. Une nuit qu'ils se désespéraient dans un dénuement absolu, souffrant ensemble, ils écrivirent ces strophes dont on a retrouvé plus tard une copie signée des deux poètes parmi les papiers épars de Berthaud. On n'y rencontrera nulle récrimination puérile contre le sort, mais une plainte, douce et résignée, et un espoir aussi :