‹ LES ENFANTS PERDUS DU ROMANTISMEChapitre 47 sur 57 · Jean Gigoux, Causeries sur les artistes de mon temps · texte numérisé non relu

Jean Gigoux, Causeries sur les artistes de mon temps

pièce, et, de près. Encore n'était-elle pas sûre de son fait K n

L'aimable comtesse ne dit point si ces justifications ridicules, amusaient Lassailly, à Fégal des spectateurs.

Hélas ! une fois déchaîné, le sarcasme ne lâche plus guère ses victimes, surtout lorsqu'il a devant lui des timides ou des impuissants. Les faiseurs de mots s'en mêlèrent, et les journaux aussi. Kdouard Ourliac qui ne manquait pourtant pas d'esprit, écrivait : « Lassailly est né à Orléans. Son père y épousa sa mère qui accoucha d'un nez. » Les traits de ce genre sont détestables parce qu'injustes, atteignant des victimes et non des coupables. Lassailly soupirait parfois, les larmes aux yeux : u Quand ils auront fini de refaire tous la môme plaisanterie ! » puis baissait la tête et passait.

— Quand ils auront fini? pauvre enfant, mais jamais, tant que ce monde vivra I Car l'âme humaine est faite ainsi, stupide et lâche et couverte de turpitudes. Elle se couche au besoin devant l'iniquité vêtue d'or, mais vienne un malheureux, déshérité de ces oripeaux qui font la joie des imbéciles ou le triomphe des fats, et ni la douceur, ni les larmes, ni la misère, n'apaiseront la cruauté abominable de ses dérisions !...

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