Léon Gozlan, Balzac en pantoufles
risquerait de demeurer fort obscure si Balzac luimême n'avait pris le souci de nous fixer. Dans une de ses lettres à Mme Hanska, publiées par M. Spœlberck de Lovenjoul en 1899, le grand romancier reconnaît que son étrange collaborateur servit w à faire le premier germe sur lequel il a travaillé* ».
Nous savons d'ailleurs que Lassailly lui a laissé autre chose que ce schéma de comédie. Celui que les journalistes de son temps appelaient, à sa juste colère, « le plus fécond de nos romanciers », affectait un profond mépris pour les vers, et, incapable de rimer lui-même le moindre distique, faisait pour les besoins de son œuvre appel à la muse des amis. Les Illusions Perdues et Modeste Mignon renferment des vers empruntés, et notamment dans la première de ces œuvres, une série de sonnets dont l'un est de Lassailly. On se souvient que le poète, Lucien deRubempré, nouvellement venu d'Ângoulême avec les manuscrits d'un roman, V Archer de Charles IX, et d'un recueil de sonnets, les Marguerites, battant la capitale pour y trouver l'emploi de son génie et le placement de ses ouvrages, rencontra, en sortant de chez l'éditeur Doguereau, le journaliste Etienne Lousteau, auquel il lut après dîner (juelques échantillons de ses poèmes. Le premier sonnet de Rubempré est d'un auteur inconnu * ; le second, sur la margue-