‹ LES ENFANTS PERDUS DU ROMANTISMEChapitre 8 sur 57 · Le Romantistne chez les divers peuples · texte numérisé non relu

Le Romantistne chez les divers peuples

2. Histoire des idées littéraires en France j 1863, tome II, p. 298.

et de justice au fond de sa brutalité? Un romantique d'avant la lettre et qui fut le lanceur de plusieurs grandes réputations de son époque, qui exhuma André Chénier, découvrit George Sand, intronisa Vigny et annonça Balzac, — Hyacinthe Thabaud dit de Latouche, avait signalé le danger de cette formation d'une chapelle dans la grande église, en un article intitulé : (( La Camaraderie littéraire», et qui fît alors beaucoup de bruit*. Mais la jeunesse, aveugle encore, refusant de croire à la vénalité de l'idole, continua de lui adresser ses oCTrandes et de lui vouer ses adorations.

On se demande parfois quel pouvoir de fascination Victor Hugo dut exercer autour de lui, pour imposer dès leur rencontre, à ses rivaux, l'omnipotence de son génie et la suprématie de sa personne ; car de tous les poètes de son temps, il semblait le moins désigné pour cette domination. Rien en lui-même ne correspond au caractère de ses disciples. H deviendra pour eux, dans la suite, quelque chose comme leur expression littéraire mais rien, au fond de son âme humaine, ne bat à l'unisson de la leur. H sera demain le Verbe de la Révolution, il n'en fut à aucun moment la pensée créatrice.

Jamais il ne participa aux sentiments de cette jeunesse. Le romantisme, c'est son antipode ; c'est cet emportement, cette passion désintéressée,. — qu'à nul degré il ne possède, — pour un idéal

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