‹ Les enfants s'amusentChapitre 55 sur 56 · UN DRAME · texte numérisé non relu

UN DRAME

Une lieureuse indiscrétion ne pcrnir;t de dédorer Micuf-l Slrogofez, pièce en un tas (racles (et plus encore de tableaux) qui fera couler beaucoup d'encre dans les bureaux de rédaction, bien des larnu^s aux petites places, et le Pactole dans la caisse du CluUelet.

Les auteurs de ce drame empoignant ont mis à la scène un dramatique épisode de la lulto qui lit tant de victimes, dans la première partie de ce siècle, en Wdgique et en Portugal.

La guerre ayant éclaté entre ces deux valeureuses nations, Lisbonne fut bloquée (1822) par les troupes brabançonnes ; le roi de Portugal ne pouvait envoyer de dépêche au marquis Alonzo Boneur, son allié, car les fils étaient coupés et, d'ailleurs, le télégraphe ne fut inventé que plus tard. Il choisit donc un homme sur, Micaël Strogofez, dévoué à Dieu, au Hoi, à la Patrie. « Pars, et reviens vainqueur. »

Après avoir essuyé de nombreuses épreuves et le crachat qu'un traître lui lance au visage, Micaèl rencontre sa mère ; elle veut se jeter dan.^ ses bras : « ^'ous faites erreur ! » dit le Portugais, comprenant que nul ne doit soupçonner en lui le courrier du lîoi. L'orohostre esquisse un air du Prophôir -^ il n'y a pas que la conduite de Jean de Leyde. il y a aussi la musique dont on l'accompagne.

- 23r, - Il

Fait prisonnier, on lui passe (c'est, je crois, une anacolulliei on lui passe, dis-je, la lame d'un sabre devant les yeux, ce qui le rend aveugle. — J'oubliais de vous dire que oelte lame est préalablement rougîe à blanc.

Enlin, il arrive chez le marquis, dont les troupes délivrent Lisbonne; les Dclges reçoivent une pile, comment dirai-je ? une pile électrique ! et Micaël en éprouve une telle joie qu'il recouvre la vue.

« Que veux-tu pour ta récompense? » demande le roi.— Ça m'est égal, répond le fier Portugais, j'ai fait ce que je devais pour Dieu, pour le Roi, pour la Patrie ! »

Et .Micaél Strogofez reçoit les palmes académiques

Page 1