‹ Les enfants trouves drame en trois actesChapitre 17 sur 29 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les MÊMES, MARIE*.

MARIE , ouvrant la petite porte du fond et paraissant toute en pleurs, âlaric ne vous a pas oublié... mon père!...

VINCENT, l'apercevant. Marie!...

Ell« tombe dau» set bras.

LE MARÉCHAL et FABics. Vivante !...

viNCETiT, «CTTont Marie contre soncaur, et avec ferveur.) Oh !... je n’ai pas blaspliémé... Seigneur!.,, j’ai pleuré, j’ai sonlTert; mais... j’espérais encore I...

MARIE , d'une voix brisée. Non , Marie n’avait oublié ni son père ni scs conseil.s... Et ces lettres qui vous ont trompés, je les

* Contran, le Maréchal, Marie, Vincent, Marthe, Fabius. Marthe te tieot au fond.

MAGASIN THÉÂTRAL

avais écrites avant que votre doigt paternel me montrât l’abinic où j’allais tomber...

vtNa'.NT. Mais pourquoi donc as-tu quitté ma demeure?...

M\niK. Parce que, mon père, {regardant le Maréchal et Fabius) j’ai pressenti (|ue deux hommes... dont j’ai mérité la colère...

allaient peut-èü-e s’accuser l’un et l'autie du mal que je leur ai fait à tous deux. .. (Muuvemciil du Maréchal et de Fahius.) l’arccquc je craignais |>uur eux la lutte ou le défi.... parce que, seule coupable enfin... je voulais pouvoir me jeter entre eux au moment du combat... Et, secrètement, je suis rentrée dans la maison ; et bien carbéi; près d’ici , Iremblanle, inquiète et n’osant â [M'inc respirer, j’écnutais: j’entendis leurs voix, tous deux me croyaient morte... mais aucun ne blasphémait; ils étaient assez généreux [tour ne pas m’accuser... Et, tout en les remerciant secrètement du plus profond de mon cteur, comme eux je pleurais, mon itère, quand vous êtes arrivé... Alors, je fus le témoin caché de votre erreur, de vos si.ullrances déchirantes et sublimes , et vos accents émus, impressionnant mon âme, me fai.saient voir déjà vos enfants déesolés... tons vos fidèles en pleurs... Et je ne pouvais plus étouffer mes sanglots (|uand votre voix mourante dit que l'oublide .Marie devait abréger vos jours... alors !... un cri soudain s’est échapjié de mon âme... cette porte s’est ouverte... et j’allais m’évanouir, quand une force inconnue m’a soutenue, mon ptré, et jetée dans voshra.s...

viAXK.NT, la pressant sur son coeur. C'é- Etit la Providence!...

.VARIE, arec calme, au Maréchal et à Fabius. Et maintenant que je me vois avec effroi prés de ceux dont j’ai fait naître la douleur... qu’il me soit permis de leur dire que Marie vivante est morte aux joies du monde, et que les devoirs du cloître occuperont seuls désormais sa vie calme et résignée... Elle ne SC souviendra du passé que pour demander chaque jour à Dieu (au Maréchal) qu’il console et protège celui qui la reçut sous son toit tutélaire , en .se faisant un pieux devoir d’abriter son enfance..... Et, fille du Seigneur, devant prier pour tous {regardant Fabius), elle demandera aussi pour celui dont le premier espoir. a duré si peu d’heures... l’oubli d’un premier rêve... qu’un heureux avenir...

effacera sans. .. retour. .. . (A Vincent, et à demi-voùr, en pleurant.) O mon père! arrachez -moi d’ici...

viscENT. Oui, ma fille. ... appuyez-vous sans crainte sur le bras du vieillard... vous lui avez rendu la force... venez...

II moule la icône avec elle. Le Maréchal ctFabiai font un mouvcoicnl coramo’puur aller rolcnir Marie.

VINCENT, se retournant et avec énergie.

Dieu vous l’a prise... et me l’a donnée... {Le Maréchal et Fabius restent interdits.) El vous qui aviez trouvé tous deux- le généreux courage en face du malheur. ... ay ez la même force en présence de la v olonté du Seigneur... afin que le Seigneur soit avec vous, mes frères... Suis-nous, Marthe.... (A A/aric.) Venez, ma fille.

Muaiqac religieuse a l'orchestre. Vincent, Marie et Marthe montent A la porto du fond. Le Maréchal et Fabius snivent Marie des yeux, rencontrent lo regarJ de Vincent qui se retourne avant de sortir. Tous deux s'inclinent avec onction. Vincent, Marie et Marthe sortent.

SCÈlNE vu.

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