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IV. — EXTRACTION DE LA POTASSE DES ROCHES

Extraction de la potasse des feldspaths. —

La réserve la plus abondante de potasse dans la nature se trouve dans les roches silicatées. formant une grande partie de l'écôrce terrestre. Les roches qui contien-

nent la potasse sont nombreuses; par leur désagrégation, l'alcali devient en partie soluble, sous Tinfluence des agents atmosphériques et entre alors en circulation. Les roches les plus riches en potasse sont les feldspaths, et particulièrement le feldspath orthose qui en renferme ordinairement de 12 à 14 centièmes, combinés à 64 à 65 de silice et à 18 à 20 d'alumine; ce minerai est une des panies constituantes des granits, des gneiss, des trachites et d'une foule d'autres roches. Son abondance et sa richesse en potasse ont, depuis de longues années, fait penser qu'on pouvait en extraire cet alcali pour les besoins de rindustrie et de l'agriculture. De nombreuses tentatives ont été faites, plus ou moins couronnées de succès; cependant, à Theure qu'il est, aucun de ces procédés n'est appliqué sur une grande échelle. Bien des difficultés viennent augmenter les frais d'extraction ; la plus grande tient à la nécessité de réduire le feldspath en une poudre assez fine pour permettre aux réactifs chimiques d'avoir prise sur lui. A cet effet, on chauffe fortement la matière et on la projette dans l'eau froide, elle devient alors plus friable et plus facile à pulvériser.

Pour mettre la potasse en liberté, on a principalement employé l'acide sulfurique, qui donne, après un long contact, du sulfate de potasse et du sulfate d'alumine, dont la combinaison forme l'alun.

La chaux caustique a été également employée. En calcinant un mélange de feldspath et de chaux, cette dernière s'empare de la silice et met la potasse en liberté. Enfin on a utilisé l'acide fluorhydrique qui, comme on sait, attaque très énergiquement les silicates, en éliminant la silice à l'état gazeux, sous forme de fluorure de silicium; on obtient la potasse à l'état de fluorure de potassium.

Un autre procédé, basé également sur l'action des

fluorures, consiste à chauffer un mélange de feldspath, de spath fluor, de chaux éteinte et de craie, dont on peut alors extraire de la potasse caustique et du carbonate de potasse.

Le prix minime auquel se trouvent aujourd'hui les sels potassiques n'a pas permis à cette industrie de se développer; mais il y a lieu de croire que dans un avenir peu éloigné de nouveaux efforts seront tentés pour extraire la potasse si abondamment répandue dans les roches cristallines.

§ V. SELS POTASSIQUES DES MINES DE STASSFURT.

Description générale des gisements. — A

rheure actuelle, ce sont les gisements de Stassfurt, près de Magdebourg, dans la Thuringe, qui fournissent la plus grande partie de la potasse. Il existe là, à une profondeur variable, voisine de 3oo mètres, un immense dépôt de sel gemme, dont la puissance paraît comprise entre 3oo et 400 mètres. Le sel gemme ou chlorure de sodium en occupe la base et en forme la masse la plus considérable. A la partie supérieure se trouvent des couches d'une constitution chimique différente, d'une épaisseur d'environ 60 à 70 mètres; c'est dans cette couche supérieure que se trouvent les sels de potasse.

Primitivement exploités pour la production du sel de cuisine, ces gisements n'avaient de valeur que par le sel gemme qu'ils renferment; pour atteindre celui-ci, il fallait traverser les couches salines supérieures, qu'on enlevait sous le nom de sels de déblai, et qui n'avaient aucun usage.

C'est seulement depuis 20 ou 25 ans qu'on les reconnut aptes à entrer dans la pratique agricole, en raison des sels dépotasse qu'ils renferment; et ces couches, cons-

tituant autrefois un produit inutile et encombrant, sont devenues Tobjet principal de l'exploitation.

La couche de sel gemme est inclinée, les puits d'exploitation traversent une série de divers terrains (diluvium, schiste, argile), puis une couche de gypse et d'anhydrite, c'est-à-dire de gypse déshydraté, caractéristique des dépôts de sel gemme; enfin un banc de marne argileuse qui recouvre le gisement salin. Celui-ci se présente à la partie supérieure avec une série de couches alternativement jaunes, grises et rouges, constituant ce qu'on appelle les sels de déblai. Au dessous, vient rénorme couche de sel gemme proprement dit.

Le gisement peut être divisé en 4 étages :

i*' étage (étage inférieur). Épaisseur explorée, 314 mètres.

Composé de sel gemme et de sulfate de chaux anhydre, en couches alternées de i5 à 20 millim. pour le sel gemme; de 3 à 6 millim. pour le sulfate de chaux.

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