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M. Lechariier remarque que les sels potassiques ont des effets notables sur la lande défrichée, et merveilleux sur les terres de culture.

M. Thomas obtient dans une terre granitique du Lézardeau, contenant 2,7 pour i. 000 de potasse, des résultats analogues :

BotteraTCH.

KcolUes. Bacines.

kil. kll.

Engrais complet 17.400 74.300

— sans potasse iS.ooo 58.3oo

Nous citerons, en opposition avec ces résultats, les expériences de M. Petermann, qui constate que dans un sol sablo-argileux, contenant seulement 0,78 pour 1000 de potasse, Taddition de sels potassiques a produit sur des betteraves à sucre des surcroîts de rendement très peu importants. Voici les augmentations obtenues pour des récoltes allant de 5o.ooo à 70.000 kilog. de betteraves à l'hectare, par rapport à des parcelles sans potasse :

kil. kil; kil.

Engrais avec 76 kilog. de potasse, i .864 i .710 i .000

Ces surcroîts de 2 à 5 pour 100 du rendement total, ne suffisent pas à compenser les frais du supplément de fumure.

M. Hérisson a observé que dans des terres très sableuses provenant d'allu vions récentes (Gard) et contenan t moins de i pour 1000 de potasse, les engrais potassiques ^chlorure, sulfate ou salins du Midi) n'ont donné aucun résultat appréci'able pour la production du raisin.

M. Garola constate également l'inutilité de la potasse

LES ENGRAIS. ih

sur la plupart des cultures dans un sol moyen de Beuuce, contenant un peu moins de i pour looo de potasse.

Nous pourrions multiplier ces exemples, mais ceux qui précèdent suffisent pour démontrer qu'il y a, pour la potasse comme pour l'acide phosphorique, des incertitudes très grandes dans l'interprétation des résultats de Tanalyse; si la limite de i pour i.ooo se trouve dans bien des cas vérifiée, il est à cette règle des exceptions assez nombreuses pour que l'expérimentation directe soit toujours recommandable.

Le point faible de l'analyse, c'est qu'elle n'est pas poussée assez loin pour permettre de distinguer les différentes formes qu'affecte l'alcali dans le sol et de discerner la partie réellement assimilable de celle qui le devient seulement à la longue. Par exemple, une terre riche en potasse, mais dépourvue de chaux, comme le sont en général les terres granitiques, pourra céder beaucoup de potasse aux acides et très peu aux végétaux; les engrais potassiques y produiront de bons résultats, alors même que leur richesse semble très élevée.

Par contre, un sol à faible dosage peut, grâce à une assimilabilité très grande de ses éléments, se montrer insensible à l'addition de matières fertilisantes. C'est ainsi qu'on doit expliquer les contradictions apparentes révélées par les expériences précédentes. Nous aurons donc à insister plus loin sur les formes qu'affecte la potasse dans le sol.

Il ne faut pas non plus oublier que la potasse ne joue un rôle utile que si tous les autres éléments fertilisants sont présents dans la terre ou dans l'engrais; Tun d'eux fait-il défaut, son absence suffit pour annihiler l'effet des autres. L'insuccès des sels potassiques est souvent attribuable à leur emploi exclusif. On les voit parfois produire de très beaux résultats lorsqu'on les associe à

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Facide phosphorique ou à l'azote, ou à ces deux éléments ^ à la fois, alors qu'ils restent inactifs à l'état isolé. Voici à ce sujet une expérience de M» Wagner :

kil.

Terrain non fumé i oo de récolte.

Engrais potassique loo —

— phosphaté 126 —

— — et potassique 147 —

En voici une autre de Vœlcker sur les mangoljls :

kil.

Sans engrais 35.780

Avec sels potassiques 40. 1 70

— superphosphate 65 . 280

— superphosphate et sels potassiques 8o.35o

L'emploi exclusif de la potasse dans ces deux cas est resté sans résultats, et on aurait pu conclure à la richesse du sol en potasse, si l'expérience avait été moins complète.

Comme nous l'avons fait pour l'azote et pour l'acide phosphorique, nous admettrons donc, en parlant des effets de la potasse, que les autres principes de fertilité existent en proportion suffisante.

Richesse des sols en potasse. — Quoique les expériences concluantes sur l'emploi des sels potassiques soient assez rares, on peut, en examinant les analyses de terre faites Jusqu'à ce jour, constater que l'absence de la potasse est beaucoup moins générale que celle de l'acide phosphorique.

Ainsi, sur 62 terres analysées par M. de Gasparin, on en trouve 6 avec plus de 5 p. i.ooo de potasse, 9 avec 2,5 à 5 pour i.ooo; 21 avec i,25 à 2, 5 pour i.ooo; 12 avec o, 5 à 1,25 pour i.ooo et 14 seulement avec moins de 0,5 pour i.ooo.

Sur 29 terres très diverses analysées par MM. Risler et Colomb-Pradel, on constate que 9 sont au-dessus de 2 pour i.ooo; 14 au-dessus de i pour i. 000; 4 au-dessus de 0,5 ; 2 au-dessous de o,5 pour i.ooo.

Épuisement par la culture. — On voit qu'un petit nombre de sols manquent réellement de potasse. Cela tient surtout à la diffusion, dans presque tous les sols, des produits de la désagrégation des roches primitives; cela peut tenir également à ce que la restitution de la potasse est bien plu^ parfaite que celle de l'acide phosphorique. En effet, parmi les plantes qui exportent le plus de potasse se placent en première ligne les herbes des prairies naturelles et artificielles et les racines, c'est-à-dire les récoltes servant surtout à l'alimentation du bétail de la ferme et par suite à la production du fumier ; tandis que l'acide phosphorique se concentre surtout dans les produits qui sont exportés, tels que les graines et les animaux. Il en résulte ce fait que la potasse retourne au sol presque intégralement, tandis que l'acide phosphorique est incessamment enlevé par les produits d'exportation. La potasse, traversant seulement le corps des animaux, se concentre donc dans le fumier, qui en contient une proportion supérieure d'un tiers à celle de l'acide phosphorique.

Wolff,dansun calcul théorique, évalue les éléments qui peuvent être soustraits à une ferme de 75 hectares, sans prairies, par les produits exportés de toute nature; il constate que la quantité de potasse enlevée annuellement à ce domaine est de 5 k., o5 et celle de l'acide phosphorique de 8 kilog. 6 hectares de prairies annexées à cette ferme suffiraient pour combler l'exportation de potasse, et il en faudrait 84 pour compenser les pertes d'acide phosphorique.

Si Ton calcule, d'un côté, la quantité de potasse en-

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levée par les produits allant au marché et, de l'autre, celle qui rentre à la ferme avec les fourrages, on constate que cette dernière est plus grande; par suite, les terres cultivées qui reçoivent le fumier vont en s'enrichissant.

Crusius a calculé qu'une ferme qui avait, en i6 années, exporté ôyS quintaux de potasse, en avait, dans le même temps, importé 1.120 quintaux; d'où un gain de 445 quintaux.

Nous réunissons dans un tableau les statistiques établies pour différentes fermes de l'Allemagne :

Académie-

de Hcldena. VaIUau. Poin^Tiinie.

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