‹ Les engraisChapitre 47 sur 69 · DESIGNATION DES ENGRAIS · texte numérisé non relu

DESIGNATION DES ENGRAIS

Kilogrammes d'ongrate

àrépandro

par hectare.

Cocfflcienta*

Sulfate d'ammoniaque; nitrate de soude

Supersphosphates ; phosphate précipité ; noir animal

Guanos divers.

Phosphates fossiles; scories; poudrcttes; tourteaux

5oo 55 o 65o

Exemple. — Soit à régler un distributeur devant semer 600 kilog. de phosphate fossile par hectare ; ayant 2 mètres de largeur et o™,8o de rayon de roue motrice.

Le coefficient indiqué par le tableau, correspondant à 600 kilog., étant 18,840, le semoir pendant les 5o tours de roue de l'expérience doit donner :

18,840 X 2 X 0,8 ::zi 3o^I44

On peut également régler le distributeur de la façon suivante ;

1* Mettre dans le coffre un poids P^ d'engrais ;

2*' Faire parcourir à la machine un certain chemin soit 100 mètres;

3<» Peser à la fin de l'essaî le poids d'engrais /? resté dans la trémie.

Le poids distribué sur une surface égale à 100 L (L étant la largeur du semoir) est donné par la différence : P^ — /7. Dans ces conditions, la quantité Q répandue par hectare, dans les mômes conditions de réglage de Tessai, est donnée par la formule :

O — 'Q-QQQ (P« — p) 100 L

Connaissant la quantité Q à répandre par hectare, la machine tirée sur une longueur de 100 mètres doit donner un poids :

(Pi-F) =

Ce procédé, on le voit, est moins expéditif que le premier.

Les distributeurs d'engrais demandent en général peu de traction ; dans les terres moyennes, un cheval marchant au pasallongé suffit; mais dans les terres collantes, après les pluies, onest quelquefois obligé de mettre deux chevaux. Le travail journalier dépend de la largeur de la machine. Avec 2"*,3o de largeur, on peut facilement semer, avec un homme et un cheval, 4 hectares en dix heures. L*épandage est donc très rapide et, de plus, avec les bons systèmes de semoirs, il est extrêmement régulier.

Le prix de ces distributeurs d'engrais est relativement élevé; il varie de 5ooà 600 francs; ces instruments sont donc réservés à la grande culture.

Distributeurs mixtes. — Les précédents systèmes déposent simplement Tengrais à la surface du sol, mais sans Tenfouir; dans le double but de pratiquer d'un

même coup Tenterrage de Pengrais et de la graine, et de diminuer le prix de l'appareil, on a cherché à combiner aux semoirs ordinaires à grains, un semoir à engrais, et on a construit le semoir ou le distributeur mixte.

Le distributeur d'engrais est monté sur le même bâti que le semoir à grains. L*engrais est enfoui par des socs avant les graines et à une plus grande profondeur que ces dernières ; les graines sont donc placées au-dessus de Tengrais et en sont séparées par un peu de terre tombée pendant le temps qui sépare le passage des deux socs (Smyth). Certains semoirs mixtes sèment en bandes alternatives l'engrais et la graine (Derome).

Ces semoirs, surtout employés pour les betteraves, sont construits de manière à ce qu'on puisse à volonté rendre fixe Tun des distributeurs et s'en servir comme d'une machine simple, soit pour les graines, soit pour les engrais ; ils exigent par conséquent une moindre dépense d'achat. Mais ils sont lourds et ne réalisent par cet épandage uniforme sur toute la surface, que nous préférons à l'épandage en sillons.

Puisque nous parlons ici des systèmes mécaniques d'épandage des engrais, nous jugeons intéressant d'ajouter quelques mots relatifs aux distributeurs d'engrais liquides et aux distributeurs de fumier de ferme.

Distributeurs d'engrais liqpiides. — Ces machines sont généralement composées d'un tonneau en bois ou en métal, posé sur deux roues ; à la partie inférieure du tonneau, est fixé un robinet chargé de déverser le liquide dans l'appareil distributeur. Celui-ci est formé : soit d'un champignon; soit d'une planche triangulaire inclinée, pourvue de cannelures; soit d'une caisse rectangulaire, parallèle à l'essieu, dont la partie inférieure est percée d'ouvertures variables à volonté (Coleman) ; ou encore d'une palette inclinée, placée de-

vant un orifice horizontal (jet Raveneau, distributeur Faul).

Avec ces différents systèmes, la largeur arrosée ou la quantité de liquide fournie par unité de surface diminue avec la charge au-dessus des orifices, c'est-à-dire à mesure que le niveau du liquide baisse dans le tonneau. Pour obtenir une distribution régulière, on a proposé une noria ou chaîne à godets, mue par une des roues porteuses; cette chaîne prend uniformément le liquide dans le tonneau, l'élève et le répand sur le sol. Ce système, trop coûteux, a été abandonné par la pratique.

Les tonneaux des distributeurs d'engrais liquides sont quelquefois pourvus d'une pompe aspirante chargée du remplissage. Quelques bons modèles, appelés tonneaux pneumatiques (Lalis), sont munis , à leur partie supérieure, d'une pompe à air; dans ce cas, au moment du remplissage, on met, à l'aide d'un tuyau, la partie inférieure du tonneau en communication avec la citerne ou la fosse à purin; la pompe aspire l'air du tonneau, y produit un vide relatif qui fait monter le liquide. Une soupape à flotteur arrête le fonctionnement de la pompe, lorsque le liquide atteint un certain niveau dans le tonneau, et évite la détérioration du piston et des soupapes.

Distributeurs de fumier de ferme. — Cette machine, d'origine américaine (Kemp et Burpée), ne s'est pas répandue en France, quoiqu'un modèle ait été introduit en i883. Elle consiste en un chariot pouvant contenir de i à i mètre cube i|2 de fumier; le fond est constitué par une toile sans fin, tendue entre deux rouleaux mis en mouvement (très lent) par les roues porteuses; à l'arrière, se irouve un râteau alternatif qui divise

l'engrais et le jette sur le sol en nappe régulière. Le T. m. 28

grand avantage de cette machine réside dans la promptitude et la régularité de son travail.

Appareils pour enfouir le fumier. — A côté de ce distributeur, il y a lieu de signaler les appareils destinés à enfouir le fumier et qui font corps avec une charrue. Le problème est le suivant : le fumier étant uniformément réparti au moyen de la fourche, à la surface du champ, le mécanisme enfouisseur doit prendre des bandes de fumier égales à la largeur de la raie de charrue (environ o'"2o), pour les déplacer latéralement et les faire tomber, soit dans la raie précédente (mécanisme fixé en avant du corps de charrue, syst. Quignot), soit dans la raie qui vient d'être ouverte (mécanisme fixé derrière le corps de charrue , syst. Leclerc).

En général, ces mécanismes sont formés de disques circulaires ou coniques pourvus d'un certain nombre d'ailettes et tournant dans un plan vertical ou oblique. Dans la première disposition (Quignot), le disque est perpendiculaire à l'essieu de l'avant-train et est mis en mouvement par l'essieu et deux engrenages d'angles. Le second système (Leclerc) a l'avantage de pouvoir se fixer sur une charrue quelconque et c'est le mouvement de rotation que prend le disque en roulant sur le sol qui est chargé d'entraîner le fumier dans la raie. Ce système fonctionne très bien avec du fumier fait et court; il est préférable au premier ; il économise au moins une personne.

Page 1