‹ Les engraisChapitre 5 sur 69 · I. II · texte numérisé non relu

I. II

Attaquable par l'eau régale 0.346 o.25o o.25o

— par l'acide fluorhydrique. i.55o 1.070 3.35o

D'après MM. Risler et Colomb-Pradel :

Pota«e attaqaftblo PoUpho «oluble par & froid dans les

l'MCidfl nitrlqne. acides faiblot.

Terre n» i i .077 %o o. 364 ^Iqq

etc. etc.

Moyenne de 2 1 analyses. ... i . 3o o*74

Les expériences culturales n'ayant établi jusqu'ici aucune relation entre les résultats de la pratique et les chiffres obtenus au laboratoire, suivant qu'on a adopté tel ou tel mode d'attaque, nous resterons sur la réserve et nous dirons simplement que le moyen le plus judicieux, à notre avis, pour apprécier la richesse d'une terre en potasse, serait d'employer simultanément le procédé de M. Schlœsing, qui donne la forme soluble de la potasse, utilisable dans le présent, et les procédés donnant la potasse totale, c'est-à-dire la réserve de l'avenir. Il y aurait grand intérêt à reprendre les observations agricoles en prenant pour base ces deux données.

Déperditions de la potasse. — La potasse dégagée de sa forme rocheuse se dissout dans l'eau; l'humus et l'argile ne la retiennent pas entièrement. Aussi existe-t-elle dans les eaux de drainage et en général dans toutes les eaux qui courent à la surface de la terre. Nous devons nous préoccuper, au point de vue pratique, de savoir si cet entraînement par les eaux pluviales est de nature à appauvrir sensiblement les terres de culture.

3o LES ENGRAIS.

M. Way, en analysant les eaux de drainage provenant de terres très différentes, constate que dans la plupart des cas il y a seulement des traces de potasse; le chiffre le plus élevé n'a été que de o gr., oo3 par litre.

M. Schlœsing, en déplaçant les liquides renfermés dans le sol, arrive à des résultats qui confirment les précédents.

En adoptant le chiffre de o gr., oo3 par litre, et en admettant que, sous nos climats, un volume de i5oo*"* s'écoule annuellement d'un hectare, on voit que la proportion de potasse enlevée ne dépasse guère 4 à 5 kilog. C'est en effet ce chiffre qu'ont obtenu MM. Lawes, Gilbert et Warington. Dans une parcelle de terre n'ayant pas reçu de fumures potassiques, la perte par hectare et par année a été de 5 kilog., et de 10 kilog. 5 pour les parcelles fumées aux sels de potasse/

En résumé, il est acquis qu'une terre arable, remplissant les conditions ordinaires, n'est pas sujette à s'appauvrir sensiblement en potasse par l'action des eaux pluviales. Mais lorsque la terre est dépourvue d'éléments humiques ou argileux, elle n'a pas de pouvoir absorbant, et toutes les matières solubles la traversent à l'état de dissolution, sans y être retenues; aussi les sables et les craies sont-ils pauvres en potasse.

En général, ce n'est pas parles causes naturelles qu'une notable quantité de potasse est enlevée du sol, et nous n'avons pas à son sujet à entrer dans les mêmes développements que pour l'azote, qui subit si énergiquement l'action dissolvante des eaux pluviales. C'est du fait de nos récoltes, qui absorbent de grandes quantités de potasse, que nos terres s'appauvrissent. Nous avons donc à étudier les principales espèces cultivées, au point de vue de leurs exigences en potasse.

LES ENGRAIS. 3i

§ IL — Rapport de la potasse avec les cultures.

La potasse se rencontre dans tous les tissus végétaux ; tantôt elle entre dans la constitution du tissu luimême, en combinaisons complexes et mal définies; tantôt elle paraît à Tétat pour ainsi dire isolé, cojnme un corps étranger ou accidentel, unie alors à des acides minéraux, tel que Tacide azotique, ou organiques, tels que les acides tartrique et oxalique. Lorsqu'elle est unie intimement au tissu végétal, elle affecte des formes à peu près insolubles dans Peau; les combinaisons plus simples sont solubles. C'est sous le premier état qu'elle doit être considérée comme faisant réellement partie intégrante du végétal.

Teneur en potasse des principales plantes cultivées. — Les principaux produits des récoltes contiennent les quantités suivantes de potasse, rapportées à loo :

Cérvalcii.

• Grain. Paille.

BIc ; 0.55 0.49

Seigle 0.54 0.80

Orge 0.48 0.93

Avoine 0.42 0.97

Maïs 0.33 0.24

Sarrasin 0.45 i.23

Nous observons, pour la potasse, un fait inverse de celui que nous avons signalé pour l'acide phosphorique : ce dernier élément domine dans les grains; la potasse, au contraire, est en quantité presque toujours supérieure dans les pailles; comme les pailles restent à la ferme et que le grain va au marché, on s'explique qu'il n'y ait pas pour la potasse un mouvement d'exportation aussi accentué que pour Tacide phosphorique.'

Plantes légumineuses cultivées pour leurs graines.

Grain. rHlUe.

Haricot 1.40 1.07

Pois o.gS 1.07

Féveroie i.ao 2.00

La même observation s'applique aux légumineuses cultivées pour leurs grains.

Plantes industrielles.

Orain. Paille.

Colza 0.88 0.97

Pavot 0.71 2.00

Lin 1.04 i.oo

Chanvre <^ ■ 97

Feuilles.

Tabac i .80

Plantes à racines et à tubercules.

lUcinos

ou tuborcttlei. Feaille*.

Carotte o.32 0.37

Turneps o.25 o.32

Rutabaga 0.40 o.36

Betterave fourragère 0.43 0.43

Betterave à sucre 0.40 0.40

Pomme de terre o.56 o.3o

Topinambour o.85 0.41

Dans cette catégorie de plantes, la potasse se répartit assez uniformément entre les racines et les feuilles; ce qui nous frappe surtout, si nous nous reportons aux chiffres antérieurement donnés, c'est l'abondance de la potasse par rapport à l'acide phosphorique; aussi classe-t-on les graines et les tubercules parmi les végétaux à potasse.

Plantes fourragères.

Ray-grass en vert o.53

„ , , . . ( en vert o . 60

Herbe de prairie < ^ . r

'^ (on fom 1 .60

Maïs fourrage o.32

Seigle vert o.63

Choui i ^•'"'"«^ °-4°

(fe Mil

tiges 0.35

Trèfle en foin 1.95

Luzerne - i . 52

Sainfoin — i . 79

Vesce — 2 . 00

Plus encore que pour les plantes racines, nous pouvons constater que la teneur des fourrages en potasse est beaucoup plus élevée que la teneur en acide phosphorique.

Cultures arbustives,

( Vin o . I o

-,. \ Marc o.5o

° j Feuilles vertes 0.28

\ Sarments o.3o

Î' Pommes 0.14

Feuilles .". . o.38

Cidre 0.20

^,. . ( Feuilles 0.74

Olivier i t? .. ^ iJ

l Fruits o. 36

Dans la composition des produits provenant des cultures arbustives, c'est encore la potasse qui domine.

Exigences des récoltes en potasse. — Pour rendre ces chiffres plus intéressants au point de vue pratique, nous établissons un tableau comprenant, pour les dififérentes cultures, les exportations moyennes de potasse, opérées sur un hectare de terre par Tensemble de la récolte :

Piaules céréales.

BM ( 1 5 heciol.l so. i

Orge 33.8

Seigle 36 , 7

Avoine i5.4

Mal» 40. î

Sarrasin 3: .3

Graines légumineuses.

kn.

Haricot 3o,3

Pois. 52.2

Féverole 73 , ;

Plantes industrielles.

Colïa 58.0

Œillette 08. 5

Chanvre 6i.o

Houblon 14.0

Tabac 98.0

Racines et tubercules.

Carotte i3î

Navet, rave ou turneps 1 10

Rutabaga îSï

Betterave fourragère î58

— à sucre ibH

Pomme de terre ii3

Topinambour 341

Plantes fourragères.

Foin de prairie 96

Seigle vert 116

Mais fourrage 192

Choux. a 1 5

Trèfle rouge 1 56

Luzerne i5i

Sainfoin 80

Geste ou veece 8a

Cultures arbustîves.

kil.

Vigne ; 26.0

Pommier 21.3

Olivier 9.7

Ce tableau sera pour nous l'occasion d'une observation concernant le mouvement d'absorption comparée de la potasse et de Tacide phosphorique ; le fait se présente d'une façon saisissante, si nous mettons en regard les quantités moyennes de ces deux éléments fenilisants nécessaires aux principales cultures :

Exportation ix>iir un hectar».

Aoido NATURE DE LA RÉCOLTE. phouphoriqne. PotMii.*.

kil. kil.

Plantes céréales 30. 3 3 1.6

— légumineuses cultivées pour

leurs grains 34.6 5i.i

— industrielles 3o.6 58.9

— à racines et à tubercules.... 53.3 182.0

— fourragères 80 .0 1 66.0

On voit que la potasse est toujours absorbée en plus forte proportion que l'acide phosphorique; il semblerait, d'après ces chiffres, qu'on dût s'inquiéter plus de la restitution de cet élément que de la restitution de l'acide phosphorique. Mais nous avons déjà constaté, d'une part, que dans une culture normale l'appauvrissement en potasse est moins à redouter, et, d'autre part, que le sol est généralement plus riche en potasse qu*en acide phosphorique; il s'ensuit donc que nous n'avons pas à nous préoccuper au même degré de l'épuisement de la terre en potasse.

C'est ici le cas de rappeler que la méthode analytique

employée pour évaluer les éléments de fertilité du sol comprend à peu près l'ensemble de Tacide phosphorique contenu dans la terre, et laisse de côté la majeure partie de la potasse, celle qui est plus lentement assimilable. Si, par exemple, nous considérons un sol ayant fourni à l'analyse, par les procédés usuels, les chiffres de I pour i.ooo d'acide phosphorique et de i pour i.ooo de potasse, nous pourrions croire que l'épuisement en potasse sera plus rapide, puisque les végétaux en absorbent davantage. S'il n'en est pas ainsi, c'est que le sol contient, outre ce taux de i pour i .000 d'alcali, une proportion beaucoup plus élevée (3, 4 et souvent plus de 5 pour 1 .000) de potasse difficilement attaquable, que l'analyse laisse de côté, mais que les réactions du sol sauront mettre graduellement en liberté, pour remplacer la partie absorbée et compenser les exportations.

Nous savons, d'autre part que l'insuffisance d'acide phosphorique constitue un empêchement absolu au développement d'abondantes récoltes, et que si cet élément est absorbé en forte proportion, c'est que la plante en a réellement besoin pour son développement et n'en prend pas une quantité supérieure à celle qui lui est nécessaire. Pour la potasse, il n'en est pas tout à fait ainsi; et s'il est bien démontré qu'elle est réellement indispensable au développement des récoltes, il n'est pas toujours sûr que toute la potasse absorbée ait été utile et nécessaire au développement végétal. Nous voyons souvent, en effet, les sels potassiques s'accumuler en grande quantité dans certains organes végétaux, sans paraître y jouer un rôle prédominant au point de vue physiologique.

Il ne parait donc pas absolument indispensable de donner à toutes les plantes toute la quantité de potasse qu'elles sont susceptibles de condenser dans leurs

tissus, puisqu'elles ont quelquefois pour cette base une avidité hors de proportion avec leurs besoins réels; ainsi voyons-nous, d'après M. Schlœsing, dans certains terrains, le tabac prendre jusqu'à 4 à 5 p. 100 de potasse, alors que dans d'autres il n'en trouve pas assez pour en prendre o,25 p. 100. Dans les deux cas, cependant, il aura acquis son développement complet et présentera toutes les apparences d'une bonne végétation.

La betterave et les racines en général donnent lieu à des observations analogues.

En examinant la composition des cendres végétales, nous constatons qu'il y a une grande élasticité dans la teneur en potasse de la même plante ; suivant qu'elle a végété dans telle ou telle condition, elle contiendra des proportions très différentes de potasse. Ceci conduirait à admettre une pénétration plus facile de la potasse dans la circulation végétale, mais sans impliquer une nécessité plus grande, un besoin plus impérieux de cet élément.

Avant de passer en revue les différentes cultures, au point de vue- de l'action des sels potassiques, nous devons poser en principe que l'action de l'engrais est surtout subordonnée à la composition du sol. En examinant les diverses expériences qui ont été faites, on arrive aux conclusions les plus opposées, les plus disparates : tantôt la potasse se montre très utile à une culture déterminée, tantôt elle est tout à fait inutile; de sorte qu'en faisant le triage des expériences favorables ou défavorables, on pourrait soutenir deux opinions très opposées, avec des apparences de vérité des deux côtés.

Un exemple fera mieux saisir notre pensée à cet égard.

Voici une expérience de Vœlcker où Faction de la

potasse sur les pommes de terre est très remarquable (moyenne de 7 séries d'essais) :

Tnbercales ]«r hectare.

kil.

Parcelle avec superphosphate seul (5oo kil.}. . . . 30.546

— — (5oo kil.) -f sels

de Stassfurt (5oo kil.) 36. 088

L'action de la potasse se traduit par un surcroit de 5 . 542

Voici, par contre, une expérience de MM. St-André et Boursier sur la même plante :

TulwrciiU'K liar hcotam.

Parcelle sans engrais potassique 19. 191

— avec engrais potassique 18. 583

En réalité, on ne sait pas quel est le véritable rôle de la potasse dans l'alimentation végétale, et les expériences pratiques laissent en général beaucoup à désirer.

Sans méconnaître l'appétit particulier des plantes pour tel ou tel élément, nous pouvons cependant dire qu'il faut, avant tout, tenir compte de la composition du sol. Si la terre est pauvre en potasse, comme le sont les terres calcaires, par exemple, toutes les récoltes indifféremment seront sensibles à l'action des sels potassiques, et l'on peut toujours y conseiller l'emploi de cet engrais.

C'est à l'abri de ces observations d'ordre général que nous allons passer en revue les principales cultures et. sans multiplier les citations d'expériences d'une interprétation souvent difficile, nous chercherons seulement à mettre en relief les points qui sont le mieux établis.

Céréales. — Les céréales semblent, d'après leschiffres précédents, être de toutes les plantes de grande culture celles qui exigent le moins de potasse; si donc nous de-

LES ENGRAIS. Sg

vions trouver dans la composition des cendres végétales la mesure exacte des besoins de la plante, nous pourrions conclure au peu d'importance des engrais potassiques dans la culture des céréales.

Mais cela n'est pas vrai d'une façon absolue; il semble établi par des études physiologiques récentes (Wagner, Liebscher, Drechsler, etc.), que les plantes culturales doivent surtout recevoir comme engrais les matières qu'elles contiennent en moins grande proportion, parce qu'elles ont une plus grande difficulté à les assimiler. Les racines des diflférentes plantes paraissent avoir un pouvoir spécifique d'absorption ; les unes ont une grande facilité à retirer du sol la potasse que d'autres absorbent avec peine.

Les céréales paraissent être dans ce dernier cas; si elles sont pauvres en potasse, c'est qu'elles ont de la peine à absorber celle qui se trouve dans le sol; aussi, dans bien des sols, se montreront-elles très sensibles à l'action des engrais potassiques directement solubles.

Il résulte en effet des expériences faites par M. Dehérain à Grignon que, pendant les deux saisons de i865 à 1866, et de 1866 à 1867, l'application des sels de potasse sur la culture du froment a donné, dans dix essais sur onze, des bénéfices qu'on n'a obtenus ni avec les betteraves, ni avec les pommes de terre.

M. Wagner cite une expérience où l'engrais potassique seul ou associé à l'azote ne produit aucun excédent de récolte pour les pois et augmente, au contraire, sur le même sol la récolte d'orge de 7 et 8 p. 100.

M. Schultz, qui a fait à Lupitz en Allemagne une très longue série de recherches sur l'application des sels potassiques aux sols sablonneux, recommande vivement pour les céréales leur emploi, qu'il croit être toujours rémunérateur.

Suivant M. Mârcker, Tavoine est une des plantes sur lesquelles les sels de potasse exercent le plus d'influence, même dans les meilleures terres. M. Wagner considère l'orge comme la plus exigeante de toutes les céréales en potasse et comme une des cultures le plus favorablement impressionnées par les engrais potassiques.

L'action de la potasse ne se manifeste pas extérieurement d'une façon aussi frappante que celle de l'azote; elle se traduit surtout par une augmentation de poids du grain.

Ainsi, d'après M. Wagner :

Blé. Seigle, gr. gr.

looo grains avec potasse pesaient secs... 25 21 — sans — ..19 i5

M. Schribaux et d'autres expérimentateurs ont également observé que l'engrais potassique détermine chez les céréales une floraison meilleure et une maturité plus hâtive. La potasse paraît indispensable à la production de l'amidon du grain. Opérant à l'aide de solutions nutritives, MM. Nobbe, Schrœder et Erdmannont constaté que le sarrasin ne pouvait former ses grains en l'absence de cet alcali ; en sa présence, au contraire, on voyait apparaître l'amidon et se produire le développement normal du grain.

Se basant sur la faible teneur des céréales en potasse, il ne faudrait donc pas négliger, dans les formules d'engrais, l'addition de potasse qui, dans le cas de sols pauvres ou épuisés, peut se montrer rémunératrice.

Plantes à racines et à tubercules. — Ces cultures se caractérisent par la forte proportion de potasse qu'elles contiennent; en retournant le raisonnement que nous avons fait pour les céréales , nous dirons que si leurs cendres sont aussi riches en potasse,

c'est par suite de la grande faculté d'absorption de leurs racines vis-à-vis de la potasse, et non par suite d'un besoin exagéré de cet élément. Plus aptes à trouver dans le sol leur nourriture potassique, elles pourront, par suite, se passer plus facilement de cette nature d'engrais et végéter normalement dans les sols où les céréales souffriraient du manque de potasse. La pratique, du reste, a maintes fois permis de vérifier ces idées, et de nombreuses expériences faites en Allemagne ont conduit les agronomes les plus autorisés de ce pays à ne pas conseiller aux agriculteurs la fumure directe des betteraves et des pommes de terre à l'aide des engrais potassiques. Dans les essais de Vœlcker sur les navets, de MM. Lavves et Gilbert sur les turneps et les betteraves, il est très rare que les sels alcalins aient produit des résultats rémunérateurs, ni même sensibles, au point de vue de l'augmentation de la récolte.

M. Dehérain, qui a fait de nombreux essais d'engrais potassiques sur les champs d'expériences de Grignon, résume ainsi ses recherches :

a I** On a fait sur la culture des betteraves treize essais à Taide des sels potassiques, dans trois terres différentes et pendant deux saisons, et sur les trei:{e expériences, l'emploi des sels dépotasse a été désavantageux,

2* On a encore fait treize essais d'emploi des sels de potasse sur la culture des pommes de terre pendant deux saisons, et sur trois terres différentes, et on:{efois sur treize on a été constitué en perte. »

La règle que nous avons posée précédemment s'applique aux sols non épuisés et dont la richesse première est entretenue par des fumures fréquentes et par une surface de prairies assez importante. Il n'est pas douteux qu'une ferme exportant de longue date et sans restitution, des betteraves et des pommes de terre, et en général des

42 LES KNGRAIS.

récoltes riches en potasse, verra cet élément s'épuiser plus vite que si les exportations portaient sur les céréales.

Voici à ce sujet un calcul établi par Karmrodt pour un domaine produisant depuis longtemps la betterave à sucre et n'ayant pas de prairies :

LÎTre»,

Exportations en potasse. . . ; 104.000

Importations par les fumiers de la ferme 73.000

L'appauvrissement de 29.000 livres de potasse s'est traduit par des diminutions notables de récolte. Il convient d'appeler l'attention des agriculteurs, exportateurs de betteraves ou de pommes de terre, sur des chiffres si démonstratifs ; l'apport d'engrais potassiques est nécessaire pour leurs terres, lorsqu'il n'y a pas une grande surface de bonnes prairies annexées au domaine ou bien une restitution des sous-produits de l'industrie. Nous verrons en effet que les résidus des sucreries, des distilleries de pommes de terre et de topinambours, contiennent la potasse en grande quantité.

S'il est vrai que les better^ives et les pommes de terre savent en général tirer d'un sol des quantités de potasse assez grandes pour rendre inutile l'apport d'engrais potassiques immédiatement assimilables, il est aussi démontré que dans un sol pauvre en cet élément, l'apport de ce dernier est appelé à produire les meilleurs effets. En voici deux exemples empruntés aux travaux de Voelcker :

Mangolds. Poainu's

(le tarrc.

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