kil. de paille à "0 lr
les J ,000 kil 165 95
( Total 1,050 45
( 45 hect. 81 à 25 fr. Phect 1,095 fr. 25
) 5,225 kil. de paille à 50 fr.
Champ k*> 3 ( [es -J Q00 kil 150 75
Totai 1,252 fr.
Je devrais m’arrêter là et livrer ces chiffres sans commentaire aux méditations des hommes de pratique; cependant, comme on pourrait me dire que ces résultats ne sont pas supérieurs à ceux de la culture ordinaire, je liens essentiellement à vous rappeler que ces champs étaient entourés de hlés venus parles anciens procédés. Vous les avez vus, vous les avez examinés à loisir, vous avez pu comparer la différence surprenante qui se' manifestait entre eux. Les blés sur engrais chimiques portaient la tige haute, leur épi était allongé et parfaitement rempli, ils étaient tellement robustes qu’on les aurait volontiers pris pour des roseaux, tandis qu'à côté, les blés venus avec du fumier ou des écumes de défécation, affaissés sur eux-mêmes, ne présentaient qu’un épi rabougri. Au battage, cette différence n’a pas été moins saillante, car ces derniers n’ont rendu que 25 hectolitres avec le fumier et 26 hectolitres avec les écumes de défécation. Je conviens que l'année a été extrêmement défavorable à la formation du grain. La plante ayant végété avec trop d’activité, la verse a été presque générale et a détruit les espérances d’une récolte qui promettait mieux. Par un été plus normal, il est probable que l'écart entre ces récoltes se fût un peu rapproché. Mais il n’en est pas moins indubitable que l’engrais chimique, en toutes circonstances, l’aurait certainement emporté. C’est ce que j’avais à cœur de constater; c'est ce qui, pour moi, double la valeur de l’expérience, car n’est-i! pas palpable qu’une telle combinaison de matières fertilisantes est la plus précieuse de toutes, puisqu’on peut en régler l’emploi en augmentant ou en diminuant les doses selon les exigences des Saisons et l’apparence de la plante, chose impossible avec le fumier et presque impraticable avec tout autre engrais moins soluble?
Mais la question n’est pas là. 3e plaide une cause gagnée, puisqu’il est clair pour tout le monde que les engrais chimiques ont une action immédiate d’une énergie de beaucoup supérieure à tous les autres.
La question, pour nos cultivateurs, est plus sérieuse ; il s’agit de savoir si ces végétations exubérantes sont l’expression d'un progrès agricole réel, ou si elles ne sont qu’une sorte d’accident éphémère dont la terre ferait les frais, et dont le cultivateur serait en fin de compte la première victime. On sait ce que je veux dire : je veux parler de l’appauvrissement du sol. On a prétendu que ces rendements maxima étaient dus à la réaction dissolvante des engrais chimiques sur les richesses fertilisantes accumulées dans les couches du sol. On a dit que nous faisions de h simili- culture, etqu’en imprudents et mauvais cultivateurs nous grévions l’avenir au profit du présent; nous exploiterions inconsidérément la terre qui nous a été confiée, et dont, après tout, nous ne sommes que les usufruitiers, puisque en réalité elle appartient autant auxgénérationsfutures qu’à nous; nous gaspillerions des forces mises en réserve par nos prédécesseurs et que nous n’avions pas le droit de dépenser à notre profit !
Voilà en quelques mots l’accusation. 11 faut convenir qu’elle est très-grave; et je fais l’aveu que si elle était fondée, elle condamnerait sans retour le système qui l’aurait motivée. Mais je le répète,
celte accusation est-elle fondée? Les contradicteurs de M. G.
Ville n’ont-ils pas été aveuglés, à leur insu, par une sorte de parti pris de repousser ce qui est nouveau, ce qui n’émane pas du cru de la vieille école? Je suis, il est vrai, un peu étranger aux questions de chimie agricole, pas autant, peut-être, qu’on pourrait le supposer; d’ailleurs, c’est moins ici une question de science qu’une question d’arithmétique, et sans prétendre à l’Académie, j’ai la prétention de savoir, lorsque j’emploie tel ou tel engrais, ce que le sol que je cultive a perdu en éléments de fertilité .
J’essayerai donc, à l’aide de données acceptées par tout le monde, de démontrer que le système de M. Ville, appliqué à la culture de la betterave et du blé, avec lumure bisannuelle, loin d'être épuisant, permet d’accroître graduellement la fertilité de l’exploitation.
Je prendrai comme base de mes calculs le champ n° 1, qui a produit :
59,640 kil.
En 1866 betteraves . . .
En 1807 | Grams
| Paille
Et j’admettrai dans la betterave et le froment :
DETTERAVE. FROMENT. PAILLE.
Azote % 0.21 % 2.29 % 0 30
Plios. de chaux. . 0.21 2.47 0 45
Potasse 0.29 0.72 0.65
D’après cetle composition, les deux récoltes représentent donc les quantités suivantes d’azote, de phosphate de chaux et de potasse :
59,040 kil. de betteraves. . . .
2,771 kil. de froment (moins la
semence)
5,500 kil. de paille
AZOTE
125 kil.