MINÉRAL ET LA SECONDE AVEC 500 K1LOGR. DE SULFATE D’AMMONIAQUE
RENDEMENT A i/hECTARE. PRIX.
ire année. Pommes de terre 23,900 kil.. . . , . 597 fr.
n f (Paille 8,550 342
4 Froment. JCrajng 5,580 = 45 hect. . 900
Total des produits. . , . 1839fr.
Vous voyez par cet exemple à quel point la division de l’engrais peut affecter les rendements.
Sous le rapport économique les conséquences ne sont pas moins considérables.
En effet, avec l’engrais divisé, les deux récoltes de pommes
de terre et de froment réunies valent 1 ,839 Fr.
Tandis qu’avec l’engrais employé en une seule fois, elles ne représentent qu’une valeur de. . . 1,464
Ce qui porte la différence à. . . 375 fr.
en faveur de la première méthode.
Les avantages qui résultent de la division de l’engrais étant ainsi mis hors de doute, vous vous expliquez pourquoi, un assolement étant donné, je n’emploie pas indifféremment les quatre termes de l’engrais suivant la nature des cultures.
S’agit-il de l’assolement betterave-blé-trèfle-avoine , il faut concentrer l’azote sur la betterave et le froment, les minéraux sur le trèfle, qui laisse dans le sol assez de matière azotée pour l’avoine.
L’assolement s’ouvre-t-il par une culture de pois ou de haricots, à laquelle on fait succéder du froment, du trèfle et encore du froment?
Cette fois, les minéraux étant l’élément dominant des haricots et du trèfle, et la matière azotée celui du froment, on bornera la fumure de la première et de la troisième année aux minéraux et on réservera la matière azotée pour le froment, en ayant soin toutefois d’en employer plus la seconde année que la quatrième, parce que le trèfle, dont la troisième coupe est enfouie en vert, constitue une fumure azotée d’une efficacité certaine.
Vous voyez, messieurs, quelle facilité remarquable les engrais chimiques donnent à la pratique pour obtenir le maximum de rendement avec le plus d’économie possible. Ils permettent de concentrer sur chaque culture les agents qui lui conviennent de préférence.
Dans la dernière séance, je m’étais borné à vous indiquer ces faits sans vous en dire la raison ; aujourd’hui je com-
plète ces premières indications pratiques par la théorie qui leur sert de base et les justifie.
Passons à une question nouvelle, non moins importante que la précédente.
Demandons-nous ce que coûte le fumier comparé aux engrais chimiques.
11 ne suffit pas que ces derniers remportent, et comme effet utile et par les facilités plus grandes qu’ils comportent dans l’application, il faut encore examiner la question économique et voir si, tout compte fait, le résultat financier n’est pas aussi à leur avantage.
La question >du prix du fumier est l’une des plus controversées parmi les agriculteurs. Chacun fait son prix à sa manière. Il y en a qui soutiennent que le fumier ne coûte rien; d’autres, au contraire, qu’il coûte fort cher. 11 s’agit de discerner la vérité entre ces deux opinions extrêmes.
J’espère pouvoir y réussir en me fondant sur des documents dont je suis redevable à des agriculteurs du plus grand mérite, qui opèrent dans des conditions très-différentes.
C’est par des comptes, et des comptes détaillés, que cette question demande à être résolue.
Je dois celui dont je vous entretiendrai d’abord à l’honorable M. Schattenmann, qui a obtenu l’année dernière la prime d’honneur pour le département du Bas-Rhin et un grand prix à l’exposition universelle, et qui par conséquent est un bon juge en matière de culture. J’ajoute que M. Schattenmann est de plus un industriel de premier ordre , placé dans des conditions exceptionnelles pour établir avec autorité un prix de revient, si compliqué qu’il puisse être.
Eh bien, d’après le décompte qu’il m’a fourni, la production de 555 tonnes de fumier et de 500 tonnes de purin n’a pas coûté moins de 15,065 francs, ce qui porte le prix du fumier à 26 francs les 1 ,000 kil , si on fixe, par approximation celui du purin à 2 fr. J 5.
Ainsi chez M. Schattenmann, dans une exploitation modèle, le fumier est revenu en 1866 à 26 francs la tonne.
Il convient de vous faire remarquer que ce prix, qu’on ne peut manquer de trouver fort élevé, tient à des causes exceptionnelles, et dépasse certainement la moyenne ordinaire dans la même exploitation.
Prenons-le cependant comme point de départ.