‹ Les engrais chimiques (volume 2)Chapitre 75 sur 100 · DÉCOLLETÉES A L’HECTARE · texte numérisé non relu

DÉCOLLETÉES A L’HECTARE

Engrais complet (105 kil. d'azote) . . . 51,000 kil.

— sans chaux. . . . i . 47,445 —

— sans potasse 42,500 —

— sans phosphate. . . . 57,881 —

— sans azote. ..... 56,854 —

Terre sans engrais 25,500 —

Mais, dites-vous, on ne peut pas conclure du petit au grand,

d un champ d’expériences à une exploitation régulière. Laissons répondre encore M. Cavallier Deux champs d’un hectare chacun, voisins du pelit champ d’expériences , ont été mis au régime des engrais chimiques. Quels résultats y a-t-on obtenus ? Les voici :

RACINES

DÉCOLLETÉES A l’iIECTARE.

1° Engrais complet, avec 130 kilogr. d’azote. 59,640 kil.

2° Engrais complet, avec 84 kilogr. d’azote. 47,325 —

Moyenne des deux champs (azote,

107 kilogr.) 53,432 kil.

Parcelle n° 1 du champ d’expériences (azote, 103 kilogr.) 51,000 —

On me dira peut-être que cette expérience est une exception; que le rendement obtenu par M. Cavallier tient à quelques causes mystérieuses, inaperçues, que dans tous les cas on ne peut pas fonder une méthode générale sur l’observation d'un fait isolé. Je pourrais répondre à cette objection par les résultats que j'obtiens à Vincennes depuis cinq ans ; mais j'ai promis de ne me servir que de documents étrangers à ma propre expérience. Je me bornerai donc au témoignage des faits rendus publics par M. Leroy, de Varennes :

RACINES

DÉCOLLETÉES A L’ilECTARE.

1° Engrais complet 62,370 kil.

2° — sans phosphate. . . 48,330 —

5° — sans potasse. . . . 42,390 —

4° — sans matière azotée. 28,350 —

5° Terre chaulée 9,450 —

Si l’on était tenté de croire que ces rendements sont une exception, pour dissiper les derniers doutes, il me sulfirait, je crois, d’ajouter qu’à la ferme de Pupetière, M. le marquis de Virieu a obtenu, sur une terre qu’il qualifie d'exécrable, 50,000 kilogr. de betteraves, et M. duPeyrat, à la ferme-école de Beyrie, 57,450 kilogr. à l’hectare sur une terre, dont le rendement sans engrais a été de 11,300 kilogr.

La question du rendement se trouvant mise hors de cause, passons à la valeur pratique des indications fournies par les champs

d’expériences. Mais, ici au lieu de discuter moi-même ces résultats, je laisserai la parole à ceux-là mêmes qui les ont obtenus. On verra par ces citations le chemin qu’on fait les opinions que je défends. Voici comment s’exprime M. A. Cavallier.

« Opposé à la première parcelle, le rendement de la deuxième m’a particulièrement frappé. Je connaissais la valeur de la chaux comme amendement des terres argileuses de ma région ; je savais qu’à la dose 50 à 100 hectol. par hectare, elle avait le privilège d’activer la solubilité des matières fertilisantes et de rendre le sol moins rebelle aux instruments aratoires; mais je n'aurais jamais pu prévoir qu’une addition de 2 kilogr. par are put provoquer des modifications de cette importance, puisqu’ils ont déterminé une augmentation de poids égale à 55 kilogr. 550 par are (5,555 kilogr. par hectare).

« La diminution de poids détei minée par la suppression de l’azote (14,1 C6 kilogr.) ne m’a pas surpris ; je m'y attendais.

« Mais je supposais ivussi que le terrain de ces expériences était dénué de potasse et qu'il ne devait pas manquer de phosphate de chaux, parce que j’avais acquis la certitude que le noir animal n’y produisait pas un effet appréciable. L’événement n'a pas justifié mon attente : la partie fumée sans carbonate de potasse, mais avec l’azote, le phosphate de chaux et la chaux, a produit 42,500 kilogr. à l’hectare, alors que celle qui n’avait pas reçu de phosphate n’a produit que 57,881 kilogr.

« Comment expliquer ce phénomène étrange à première vue? 11 tient à deux causes principales : à la forme spéciale du phosphate de chaux, car il résulte des expériences de M. Ville que le phosphate acide de chaux produit plus d'effet sur les betteraves que le noir et les os; en second lieu, il est probable aussi que la passivité du noir, reconnue sur ce champ par des observations antérieures, était due à l’emploi isolé que j’avais fait de ce produit, et tout me porte à penser que, si on l'avait associé à une matière azotée, le résultat eût été très-différent. »

Passant aux deux champs d'un hectare, sur lesquels il a obtenu 59,640 kilogr. et 47,525 kilogr., Al. Cavallier fait remarquer que le surcroit du premier rendement est dû à une quantité plus foi te de matière azotée. Si on rapproche, en effet, les récoltes qu’il a obtenues, tant sur le champ d’expériences que surles deux champs d’un hectare, on trouve que :

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