‹ Les engrais chimiques (volume 2)Chapitre 83 sur 100 · KILOGR. PRIX. PERTE · texte numérisé non relu

KILOGR. PRIX. PERTE

Azote

726 fr.

498 fr.

Phosphate de chaux.

Potasse

Chaux

1,477 fr,

912 fr.

Perte subie par le sol .

912 fr.

Toute votre argumentation repose donc sur deux points : l’épuisement du sol en azote et en potasse.

Avant de vous répondre, je vous demanderai comment la plume qui a formulé cette attaque peut être la même qui, il y a quelques mois, écrivait cette apologie :

« Nulle part peut-être, il n’existe rien d’aussi complet que le laboratoire de M. Ville, sous le rapport de l’agencement général, de la bonne tenue, de l’ordre parfait, de l'entente qui a présidé à cette magnifique organisation matérielle et administrative. Tout ce qui se rapporte à chaque analyse, à chaque recherche, à chaque expérience ou aux mille incidents qui se produisent toujours dans des travaux de cette nature, est consigné avec le plus grand soin sur un registre ad hoc ; tout est libellé, étiqueté, visé, contrôlé, immatriculé dans un ordre admirable. C’est aussi limpide que la comptabilité de la Banque de France. C’est la Cour des comptes dans un laboratoire. On fera aussi bien, mais à coup sûr on ne fera pas mieux. » (Rohart, Journal de C agriculture, t. 1er, p. 48.)

S'il est vrai que tout soit soumis chez moi à un tel contrôle, et si le fait que vous signalez est réel, comment m’aurait-il échappé? Ou le fait en question n’est pas, et votre argument tombe de lui —

même; ou le fait est certain, mais il m’est connu et je dois en avoir prévu les conséquences.

Voilà, monsieur, ce qu’un esprit impartial et judicieux aurait commencé par se dire. Vous procédez autrement. Vous m’accusez tout de suite, et sans hésitation, de méconnaître la loi d’équilibre qui prescrit de rendre au sol plus qu’on ne lui prend.

Il y a, dans cette accusation, deux choses que je tiens à ne pas vous laisser confondre : la loi et le fait.

Pour prouver que je n’ai pas méconnu la loi, il me suffira de citer ce passage de la sixième conférence de Vincennes (p. 324) :

« Pour maintenir la terre dans un état constant et progressif de fertilité, il faut lui rendre par les engrais plus de phosphate de chaux, de potasse et de chaux que les récoltes ne lui en font perdre.

« A l’égard de l’azote, une restitution partielle suffit, parce que l’azote de l’air compense la différence. »

Est- ce assez net ?

La question de doctrine se trouvant ainsi mise hors de cause, passons à la question de fait et, pour mettre de l’ordre dans la discussion, bornons-nous d’abord à l’azote.

Vous imputez au sol l’azote des turneps et du trèfle. Y avez-vous sérieusement pensé? Pour le turneps, on pourrait à la rigueur le soutenir dans une certaine mesure, mais pour le trèfle? Ignorezvous que le trèfle puise son azote dans l’air, à ce point que les matières azotées ajoutées au sol n’ont pas d’action sur lui? J’ai déjà cité dans ma deuxième réponse les expériences de MM. Lawes et Gilberts, conformes à mes propres expériences sur les pois et les haricots. Reproduisons-les, puisque vous les avez si complètement oubliées.

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