‹ Les engrais chimiques (volume 2)Chapitre 97 sur 100 · E PROCURER · texte numérisé non relu

E PROCURER

Phosphate acide de chaux

500 kil. p

INitrate de potasse

250 jd

/ à l’état de nitrate. . . .

32 kil.

Azote. .

. | à l’état de sulfate d’am- 1 moniaque

107 kil. 50

Sulfate de chaux

mémoire.

Voici en effet le décompte de l’engrais chimique :

500 kil. de phosphate acide de chaux, à 16 fr. les 100 kil. 80 fr.

250 — de nitrate de potasse, à 02 fr. les 100 kil. . • . 155

557 — de sulfate d’ammoniaque, à 55 fr. les 100 kil.. . 125

Sulfate de chaux mémoire»

Total égal 500 fr.

Pour compléter l’enseignement qui ressort de ce parallèle et en faire mieux ressortir la moralité, demandons-nous quelle est la valeur réelle de l’engrais type, en fixant le prix de chacun de ses constituants aux taux des engrais chimiques de première marque.

Dans une tonne d’engrais type, payé 560 francs, il y a :

47 kil. 20 de phosphate acide de chaux, à 16 fr. les 100 kil. 7 fr. 55

154 — de phosphate tribasique (nodules riches), à 6 fr.

les 100 ldi

de nitrate de potasse, à 62 fr. les 100 kil. . .

d’azote à l’état de matières animales ou de sul-

fate d’ammoniaque, à 170 fr. les 100 kil. .

Prix réel

195 fr. 79

Excédant du prix de vente sur ce prix réel. . . 167 fr.

C’est-à-dire que l’agriculture paye 560 fr. ce qu’il lui est loisible de se procurer pour 192 fr. 79 à l’état d’engrais chimique, et encore veuillez remarquer que, dans le compte qui précède, j’assimile comme valeur l’azote des matières animales à celui du sulfate d’ammoniaque, ce qui est contraire à l’expérience de tous les agriculteurs.

Voilà donc un produit grevé d’un profit usuraire de 46,59 p. 100, sans compensation d’aucun genre. Pardon il s’appelle I’engrais type, et l’agriculture doit payer les frais du baptême.

Ainsi, pas d’équivoque, vos actes démentent vos paroles, votre engrais type est un engrais chimique déguisé d’une qualité inférieure et d’un prix exorbitant.

C’est ainsi que vous entendez le mandat de la science et l’action bienfaisante du progrès ! Avec les engrais chimiques du moins, les monopoles, la fraude et les prix arbitraires sont impossibles, car les produits chimiques alimentent un marché que personne ne peut dominer. Chaque jour leur prix est coté à la Bourse comme celui de la rente, sans compter qu’ils sont vendus sous la double garantie d’un essai contradictoire. Je dis qu’aucun agent de fertilité ne peut être placé au-dessus des engrais chimiques, parce qu’ils sont immédiatement assimilables, et qu’à leur aide chacun peut régler la composition de ses fumures suivant les exigences de son sol et suivant la nature des plantes qu’il veut produire, ce qu’on ne peut pas faire avec un engrais composé d avance, qui doit rester un remède à tous les maux. Quels engrais ont offert jusrVici à la fois cet avantage et cet ensemble de garanties ?

Tenez, monsieur, croyez-moi, retournez à votre commerce, efforcez-vous de suivre les progrès de la science; mais renoncez à cette prétention de savant qui est de votre part une usurpation.

Tout le monde y gagnera, vous d’abord et ensuite la qualité de vos produits. En effet le jour où vous n’aurez que l’ambition judicieuse et sensée d’améliorer votre fabrication, la force des choses vous amènera à faire aux produits chimiques une part de plus en plus large. Vous finirez même, je crois, par devenir un véritable marchand d’engrais chimiques ; mais vous y trouverez du moins honneur et profit. Car avec eux cesseront les scandales de l’engrais type. Que pouvez-vous ambitionner de plus(4)?

P. S. — Depuis que cette réponse a été adressée au Journal de l'agriculture, j'ai obtenu les honneurs d’une adhésion à laquelle j'étais loin de m’attendre. L’enceinte où elle s’est produite et la position élevée qu’occupe la personne de qui elle émane lui donnent trop d’importance à mes yeux pour la laisser passer inaperçue.

Les lecteurs du Journal de l'agriculture savent qu’une des

(f) Je ne m’attendais pas à voir cette prédiction si vite vérifiée. Elle est aujourd’hui un fait consommé. M. Rohart. est devenu marchand d’engrais chimiques; il ne l’avoue pas, mais il le fait. Souhaitons à cette nouvelle incarnation une plus heureuse fortune qu’à ses aînées.

M. Rohart a déjà inventé et tué sous lui :

Les Tourteaux de viande.

Les Tourteaux de suif.

L’Engrais d’Aubervilliers.

Le Phosphaté fossile acidifié par l’acide iiydrochlorique ! !

Le Guano de Norwége.

L’Engrais type. — Le vrai type.

A cette liste d’honorables défunts, il faudra ajouter désormais un nouveau venu, le Similaire du phospho-guano, — précurseur vraisemblable du similaire des engrais chimiques. — Voici la forme réservée et modeste que cette nouvelle exhibition a revêtue. Qu’on la lise et qu’on se tienne pour averti.

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