QUALITÉ DE LA BETTERAVE
130,379,029 kil. Betteraves bonne.s. — Température norluale pendant toute la saison, à part une ibrte gelée survenue le 4 novembre.
1859-GÜ
Betteraves bonnes. — Semis tardifs à cause de la prolongation du froid en avril.
Bonne qualité. — Température froide»
mais sans intermittence.
Betteraves bonnes. — Saison sèche avec pluie modérée à rautomne.
Betteraves médiocres. — Juin et juillet humides et froids, août chaud, septembre et octobre froids et humides.
Mauvaises betteraves. — Sécheresse qui commence à l'époque des ensemencements et se prolonge tout Tété.
Rien de significatif.
Grande récolte. — Betteraves riches. — Printemps splendide. — Été chaud avec pluie.
Vous le vovez, abondance et richesse vont le plus
souvent
de concert.
et l’influence de la saison do-
mine toutes les autres.
Ici on nous oppose la pratique de l’Allemagne où la betterave acquiert une richesse saccharine supérieure à celle que nous obtenons, et où les rendements sont maintenus volontairement dans ce dessein entre 25 et 30,000 kil.; à l’appui de la même thèse, on invoque encore ce qui s’est produit dans les environs de Lille où les récoltes de betteraves atteignent de 60 à 70,000 kil., mais où la qualité est devenue si défectueuse qu’on ne peut plus employer les racines de cette région à l’extraction du sucre.
Comment expliquer ces deux résultats? Rien de plus facile.
•le vous ai dit, en parlant de l’emploi des engrais
Pl’.EMlER ENTRETIEN.
intensifs, que l’abus des matières azotées pouvait avoir les inconvénients les plus graves, et qu’il ne fallait pas dépasser pour la betterave 150 kil. d’azote par hectare. Or, dans les environs de Lille où l’on emploie de préférence le fumier et l’engrais flamand, il arrive souvent que la proportion de l’azote s’élève dans les fumures à 300 ou 400 kil. Dans ces conditions la betterave prend un développement excessif, sa racine est caverneuse, son tissu spongieux, et finalement elle est pauvre en sucre.
Mais ce n’est pas tout. Dans le fumier et l’engrais flamand, l’azote est à l’état de matière animale, nouvelle condition défavorable à la qualité de la racine.
Pour manifester leur action, ces matières doivent au préalable se décomposer dans le sol ; il faut que leur azote passe à l’état de nitrate ou de sels ammoniacaux. Cette décomposition se faisant lentement et par degrés, la betterave se trouve à toutes les périodes de sa croissance en rapport avec des composés azotés qui surexcitent la formation de feuilles nouvelles, lorsque l’activité de la plante devrait se ralentir. Or, lorsque la production des feuilles dépasse une certaine limite, c’est toujours aux dépens du sucre de la racine.
Au moyen de l’engrais chimique, on évite tous ces inconvénients. L’azote étant à l’état de nitrates de potasse et de soude, doués tous deux d’une grande solubilité, leur absorption a lieu pendant la première période de la vie de la plante : de plus, la matière azotée étant associée à des quantités justement pondérées de potasse, de phosphate et de chaux, chaque
terme de l’engrais est assimilé par la plante et devient partie constitutive de ses tissus, au lieu de gorger la sève de sels non assimilés, comme cela arrive avec le fumier et l’engrais flamand.
Répétons-le donc : il faut à la betterave une forte dose de matière azotée, mais il faut que cette matière soit absorbée un mois ou six semaines avant la maturité de la racine, afin que l’activité qui résidait dans les feuilles se ralentisse et que le sucre qu’elles contenaient, car elles sont te siège de sa formation, vienne s’ajouter à celui de la racine.
Ma conclusion est donc formelle : avec les engrais chimiques on obtient de grands rendements sans nuire à la qualité : résultats impossibles avec des engrais riches en matière animale.
Nouvelle objection, dont M. Dubrunfault s’est fait cette fois l’éditeur responsable dans l’intérêt de l’osmose découverte par M. Graham!
On dit ; la présence des sels de potasse et de soude dans le jus de la betterave nuit au travail industriel. Lorsque leur proportion dépasse une certaine limite, il devient presque impossible d’extraire le sucre par cristallisation : la plus grande partie passe dans les mélasses.
Or, comme les engrais chimiques ne sont formés que de sels, la conclusion est forcée : il faut proscrire les engrais chimiques.
Qu’y a-t-il au fond de cette objection? Rien que la mauvaise humeur d’un esprit atrabilaire peu sympathique aux progrès auxquels il n’a pas concouru.
Je vous en rends juge. 11 est bien vrai que les sels
de potasse et de soude nuisent à la cristallisation du sucre. Mais ce qu’on ne dit pas et ce qu’il faut Lien indiquer, c’est que les plus préjudiciables d’entre ces sels sont les chlorures et les sulfates. Une partie de sulfate de potasse ou de chlorure de potassium empêche quatre parties de sucre de cristalliser. Avec le chlorure de sodium cette proportion s’élève à six. Mais en quoi cela peut- il nous préoccuper?’ l’engrais chimique ne contient ni chlorure ni sulfate, tandis que le fumier et l’engrais flamand en introduisent dans le sol des centaines de kilogrammes.
Restent les nitrates. L’engrais complet n® 2 prescrit pour la betterave en contient 500 kil. L’engrais complet intensif n® 2, 700 kil. Une expérience de dix années m’a appris que le cinquième environ des nitrates de l’engrais se retrouve dans la betterave. Or, comme ces sels n’empêchent la cristallisation que de leur propre poids de sucre, il en résulte que pour une récolte de betteraves de 50,000 kil. correspondant à une production de 3,000 kil. de sucre le déficit s’élève de ce chef à 100 ou 200 kil.]
Mais il y a plus : expérimentez sur la même terre deux engrais chimiques différents, l’un contenant 500 kil. de nitrates par hectare, et l’autre n’en contenant pas ; dans les deux cas les betteraves auront la même richesse saccharine et contiendront une égale quantité de sels. Pas plus dans un cas que dans l’autre, comment cela se peut-il?
Parce que l’excès de rendement déterminé par l’azote des nitrates ramène à son titre primitif le rapport entre le sucre et les sels.
LES ENGRAIS CHUIIQLES.
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En voici quelques exemples :
SUCRE