‹ Les engrais chimiquesChapitre 2 sur 154 · Partie active · texte numérisé non relu

Partie active

Et dans les 1 .64 de partie active nous trouvons :

Azote 0.41]

Acide phosphorique 0.18f ^ ^ , , , .

Potasse Total égal : 1 .64.

Chaux 0,56;

C’est-à-dire les quatre substances qui composent l’engrais chimique complet.

Nouvelle objection :

Est-il bien sûr que les 13.29 parties de fibres ligneuses ont assez peu de valeur pour qu’on soit autorisé à n’en pas tenir compte?

Rien de plus certain. Ces fibres ne sont formées que de carbone, d’hydrogène et d’oxygène que les végétaux tirent : le carbone, de l’acide carbonique de l’air; l’hydrogène et l’oxygène, de l’eau de la pluie ou de la vapeur aqueuse diffusée dans l’atmosphère. (Voir le 2® Entretien de 1867, page 29).

S’il vous restait un doute à cet égard, une expérience des plus simples nous permettrait de le dissiper sans retour. Qu’on fasse pourrir dans une fosse à fumier de la sciure de bois sans addition d’aucun autre produit.

Qu’obtiendra-t-on? Un engrais sans valeur. Témoin l’inefficacité de la tourbe. Or, serait-il judicieux d’attribuer au carbone, à l’bydrogène et à l’oxygène de la paille, une action dont les mêmes éléments seraient dépourvus dans la sciure de bois?

La géologie vient encore raffermir cette conclusion.

Vous savez , Messieurs , que dans l’ordre de la création, les végétaux furent les premiers représentants de la vie à la surface de la terre, et que les couches de bouille qui forment des dépôts si puissants proviennent en totalité de la décomposition des forêts primitives.

Or, à cette époque lointaine, la végétation possédait une puissance de développement qui s’est certainement affaiblie.

Les lépidodendrons et les calamites, par exemple, qui formaient alors des forêts comme nos pins et nos bouleaux, ont pour représentants dans la flore actuelle des plantes herbacées de l’ordre le plus hunjble : les lycopodes et les prêles. Or, lorsque l’activité végétale avait tant de puissance, le sol contenait-il des composés formés de carbone, d’hydrogène et d’oxygène analogues à l’humus?

Non, puisque ces produits présupposent une création antérieure, et que nous sommes remontés à la première. La matière noire du fumier n’est donc

LES ENGRAIS CHIMIgUES.

pas indispensable à l’entretien de la vie végétale, puisque jamais la végétation n’a atteint depuis le degré de splendeur qu’elle possédait à l’époque où la terre en était dépourvue?

Troisième objection :

J’ai rayé de la partie active du fumier la silice, le chlore, l’acide sulfurique, l’oxyde de fer, la soude, etc., qui forment un total de 5.23, et que j’ai désignés sous le nom de minéraux secondaires. Sommes-nous bien fondés à faire celte suppression? Ges minéraux ne remplissent-ils aucune fonction dans la vie des plantes? Bien au contraire, les plantes ne peuvent s’en passer.

Alors pourquoi les supprimer? .

Je l’ai déjà dit, parce que les plus mauvaises terres en sont surabondamment pourvues.

Résumons-nous : le fumier n’est actif ni par son eau, ni par les 43.29 de fibres ligneuses, ni par les 5.07 de minéraux secondaires, mais uniquement par l’azote, l’acide phosphorique, la potasse et LA CHAUX qui représentent 1.64 p. iOO de la masse totale, et dont nous avons composé l’engrais chimique. Tout le reste forme une sorte de gangue inutile (humidüé) ou d’assez peu de valeur pour n’en pas tenir compte (partie ligneuse et minéraux secondaires).

D’où la conclusion inattaquable cette fois : le fumier et l’engrais chimique doivent leur efficacité à la même cause, malgré l’inégalité de leur masse et leur dissemblance extérieure.

Voulez-vous raffermir cette conclusion par des

preuves de faits devant lesquelles la pratique la plus routinière soit contrainte de s’incliner?

Il m’est facile de vous satisfaire. Essayons à côté l’un de l’autre le fumier et les engrais chimiques, et pour entrer dans le vif de notre sujet, servonsnous de la betterave pour faire cette comparaison. Que dit l’expérience? Le voici :

Chez M. le marquis d’Havrincourt, dans le département du Pas-de-Calais, sur une terre épuisée faisant retour au propriétaire après un long fermage ;

r.ÉCOLTE.

A L’HECTARE

33.000 k. de fumier de ferme ont produit 28, kil.de betteraves,

1,200 d’engrais chimique 36,499 —

Ces rendements sont médiocres. Mais il faut ajouter que la pièce de terre fut ravagée par le ver blanc. Sur une autre parcelle en meilleur état :

22,500 k. d’écumes de défécation ont prod. 31,111 kil.de betteraves. 800 d’engrais chimique ont produit. 42,201 —

Chez M. Cavallier, au Mesnil-Saint-Nicaise, dans le département de la Somme, en 18C6 :

50.000 k. de fumier de ferme ont produit 35,000 kil.de betteraves.

1,200 d’engrais chimique ont produit .59,640 —

En 1867, chez M. Lavaux, à Choisy-le-Temple, sur une surface de 40 hectares :

50,000 k. de fumier ont donné L’engrais chimique

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