‹ Les engrais chimiquesChapitre 36 sur 154 · PAR ANNÉE · texte numérisé non relu

PAR ANNÉE

Avec cette succession d’engrais, on peut aisément

obtenir 50 à 60 hectolitres de maïs, et 30 à 35 bec tolitres de froment à l’hectare.

(l) Je crois que dans nos départements du midi, 200 kilogr. de sulfate d’ammoniaque doivent suffire. Je convie les agriculteurs de ces régions à faire des essais comparatifs pour m’aider à fixer définitivement ce point capital pour la pratique.

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LES ENGRAIS CHIMIÜUES.

Vous voyez que dans ce cas comme pour les précédents, la formule des engrais est déduite de la même régie : définir l’élément dominant; en élever la dose tant que le rendement s’élève lui-même, et réduire, au contraire, autant que possible la dose des trois autres termes de l’engrais.

C’est toujours la même règle, la même loi. L’étude du sorgho et du topinambour, à laquelle nous nous livrerons dans la prochaine séance, nous montrera sous une forme nouvelle l’heureuse fécondité de ces principes qui s’appliquent à toutes les productions végétales, sans distinction de forme et de propriétés.

Messieurs,

Le sorgho mérite de fixer notre attention d’une manière particulière. Comme le maïs, il peut fournir plusieurs produits à la fois, un excellent fourrage par les feuilles, du sucre par la tige, et enfln une récolte de grain dont la valeur n’est pas à dédaigner.

La tige du sorgho contient deux fois plus de sucre que celle du maïs, mais sa graine est loin d’avoir la même valeur alimentaire.

Lorsque le sorgho fut introduit en France par M. de Montigny, notre consul général en Chine, on le cultiva avec une sorte d’engouement; mais l’incertitude et la lenteur que présente la levée de la graine, la difficulté d’extraire le sucre à cause d’une fécule que le jus contient, le fit bientôt délaisser.

Cet abandon fut aussi injuste que prématuré. D’après

LES ENGRAIS CHIMIÛÜES.

M. Joulie, auteur d’une monographie remarquable de cette plante, le sorgho serait appelé à jouer un rôle important dans le Midi.

Si on en fixe le rendement moyen à 50,000 kil. de cannes par hectare, on trouve que cette récolte à l’état sec se décompose de la manière suivante :

A l’hectare.

Cannes 13,633 kil.

Graines 5,000

Feuilles 3,500

Totai 22,133 kil.

C’est là un rendement considérable, comparé à celui de la betterave qui, à raison de 50,000 kil. de racines par hectare, ne fournit guère que 7 à 8,000 kilogrammes de matière sèche.

Le sorgho n’a d’analogues par l’importance de sa récolte que le maïs, la canne et le topinambour ; or, lorsqu’une plante est susceptible de tels rendements, où figure pour une si grande part un produit d’une importance et d’une valeur telle que le sucre, on ne saurait procéder à son histoire avec trop de soin et de minutie.

Je l’ai dit, deux motifs ont fait délaisser la culture du sorgho; sa graine lève difficilement. Dans nos régions, elle arrive rarement à complète malurité; première condition défavorable. En second lieu, elle est enveloppée d’une glume qui la protège contre l’action de l’humidité, ce qui ajoute à l’incerlilude des semis; quoique réelle, cette difficulté n’est pas impossible à lever.

Voici le moyen. Quelques jours avant de semer la graine, on l’enlerme dans un sac de toile que l’on enfouit dans le sol ; chaque jour on arrose la terre ; alors la graine s’échauffe, la glume se déchire, et la radicelle se fait jour au dehors. Lorsqu’elle a atteint un demi-milliraétre de longueur, la graine est bonne à semer, la levée est alors certaine. C’est là, vous le voyez, un procédé simple, facile et pratique.

Ce qui a nui encore à l’extension de la culture du sorgho, c’est l’impossibilité où l’on s’est trouvé jusqu’à ces derniers temps d’en extraire le sucre à l’état de cristaux comme avec la canne et la betterave. Cette difficulté est-elle insurmontable? Non. Et c’est encore M. deJouliequi nous en a donné le moyen.

Le jus du sorgho contient plusieurs sucres différents : du sucre cristallisable ou sucre de canne, et divers glucoses ou sucres incristallisables que l’on trouve dans les fruits acides.

Le tableau suivant indique la moyenne de la richesse saccharine du sorgho à quatre périodes différentes de son développement :

Lorsque l’épi commence à sortir de sa graine;

Au moment où la plante est en pleine floraison, entre l’apparition et la chute des étamines;

Lorsque les glumes commencent à rougir, la graine étant encore à l’état laiteux ;

Enfin à la complète maturité de la graine:

LES ENORAIS CHIMIQUES.

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