CO'NSOMMATION PAR TÈTE
Grande-Bretagne
. 600,914,000 kil.
France
Zollverein
Russie (environ)
Autriche
Italie
Espagne
Turquie (environ)
Belgique
Pologne
Suède et Norwège
Hollande
Suisse
Portugal
Danemark
Grèce
Villes anséatiques. Mecklembourg et duchés
États-Unis (environ)
(1) J'emprunte ces données à l’excellent rapport de M. Dureaii à l'Exposition universelle, tome XI, page 320.
(2) Ce faible droit s’applique seulement aux sucres de betteraves produits en Russie. Quant aux sucres étrangers, ils payent un droit d’entrée énorme : 123 fr. 81 et 113 fr. 27 pour les raffinés, selon qu’ils sont importés par terre ou par mer, et 79 fr. 92 sur les Eruts, quel que soit le mode d’importation.
La consommation du sucre ' a donc, été de '! ,948,330,000 kilogrammes. En 1 867, elle s’est élevée à 2 milliards 332 millions, ce qui représente, en y comprenant l’impôt, un capital de plus de 2 milliards.
Comme vous pouvez le remarquer, la quantité moyenne du sucre consommée par individu est fort inégale. La France ne vient guère qu’au troisième rang, l’Angleterre et les Etats-Unis l’emportant sur nous.
Cette différence s’explique par celle du droit dont le sucre est grevé dans ces trois états. Là où le droit est élevé, la consommation est faible. Là où il est modéré, elle est plus considérable; l’abaissement du droit favorise donc la consommation du sucre, sa production, le développement et la prospérité de cette grande industrie.
En France le droit est excessif, 51 fr. pour 100 kil., ce qui fait peser de 1 ,000 à 1 ,200 fr. d’impôts par hectare de betterave, sans compter l’impôt foncier et les taxes locales.
En nous séparant, faisons donc des vœux, Messieurs, pour que le droit qui frappe en ce moment le sucre soit abaissé, afin que sa consommation s’élève en France à l’égal de ce qu’elle est en Angleterre.
Tout le monde y gagnera ; le trésor, le bien-être de la population et surtout l’agriculture.
Messieurs,
La conférence d’aujourd’hui sera consacrée à l’étude de la pomme de terre, considérée à la fois comme plante alimentaire et comme source de fécule pour l’industrie.
Si on établit un parallèle entre la pomme de terre et le froment, on trouve que la première produit de quatre à cinq fois plus de substance alimentaire. En effet, à raison de 15 hectolitres par hectare, ce qui est la moyenne du rendement en France, le froment fournit 1,000 kilogrammes de farine au plus, tandis que 15,000 kilogrammes de pommes de terre (230 hectolitres) ne donnent pas moins de 4,000 kilogrammes de matière sèche complètement alibile.
Pouvant à la fois servir de nourriture à l’homme et aux animaux, la pomme de terre offre donc une
LES ENGRAIS CHIMIÜUES.
très-grande ressource dans les années de mauvaises récoltes, par l’aliondance de ses produits et par. l’époque de sa culture qui permet d’utiliser au printemps toutes les terres disponibles.
Comme plante industrielle, à raison de la fécule, la pomme de terre a aussi une importance considérable. Elle joue, dans le département des Vosges et dans quelques cantons de l’Auvergne, un rôle non moins important que la betterave dans nos départements du Nord.
Mais tandis que la fabrication du sucre est une industrie centralisée, opérant avec de grands capitaux et un outillage formidable, l’extraction de la fécule avec ses procédés plus simples et moins coûteux est presque une industrie domestique.
Les régions accidentées où les chutes d’eau d’une faible importance sont nombreuses semblent prédestinées à l’établissement des féculeries : c’est aussi là qu’elles dominent et où elles prospèrent le plus.
Le principal avantage de la pomme de terre c’est la ressource inappréciable qu’elle offre en agriculture, pour faire passer le sol du régime triennal aux assolements alternes; aucune plante n’a plus contribué à la suppression de la jachère et à l’amélioration des conditions d’existence de la population rurale.
Par toutes ces considérations, la pomme de terre mérite d’être placée au rang des plantes les plus utiles et de faire de notre part l’objet d’une étude aussi complète qu’approfondie.
Je me demande, en premier lieu, si avec les engrais
chirnicjues la pomme de terre produit plus (ju’avec le fumier.
Sur ce point, mon affirmation est aussi formelle qu’à l’égard de la betterave : les engrais chimiques l’emportent au moins huit fois sur dix.
Voici les faits qui l’établissent :
En i866, chez M. le marquis d’Havrincourt, à Havrincourt (Pas-de-Calais) :
RÉCOLTE A l’hectare.
Engrais complet 16,000 kil.
35,000 kilog. de fumier de ferme . . 8,050
En 1867, chezM. Schattenmann, à I^ouxwiller (Bas- Rhin) :
RÉCOLTE A L’HECTARE
Engrais complet 10,947 kil. (Jaunes des Vosges.)
30,(K)0 kilog. de fumier . . 10,018 (Rouges tardives.)
Ces résultats sont médiocres.
Chez M. Jacob, à Saint-Chrisîot-en-Jarrêt (Loire).
RÉCOLTE
A L’HECTARE
1,‘200 kilog. Engrais complet 9,700 kil.
40,000 — de fumier 8,740
Sans aucun engrais 3,400
Résultat médiocre encore, qui accuse cependant un ^excédant en faveur de l’engrais chimique, i Remarquons, pour tout préciser, qu’en 1867 l’Al-
sacc et le département de la Loire ont beaucoup souffert de la sécheresse.
En 1867, chez M. le baron Daël de Koëlh, à Sœrgenloch, près Mayence :
Engrais complet 19, *200 kil.
Terre sans engrais 11,650
En 1867, M. Thomas, à Boulogne-sur-Mer, quatre essais séparés :
P.ÉCOLTE A L HECTARE.
Engrais complet 13,600 kil.
Fumier 9,210
2° Engrais complet 14,630
Fumier 10,960
3» Engrais complet 16,970
Fumier 12,108
4*^ Engrais complet 24,100
Fumier 15,740
L’engrais chimique l’emporte toujours.
Les cultures de 1868, tant éprouvées par la sécheresse, conduisent à la même conclusion. Je commence par les rendements les plus faibles.
M. Goussard de Mayolles, au château de Haut- Brizay (Indre-et-Loire) :
RÉCOLTE A L’HECTABE.
714 kil. Engrais complet (3/4 de dose) 7,125 kil.
34,000 Fumier de ferme 6,450
Sans aucun engrais 3,675
M. Emmanuel Nyssens, à Anvers (Belgique) :
RÉCOLTE A IVilECTARE.
1,000 kil. Engrais complet modéré 16,000 kil.