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BALANCE ANNUELLE

PAR HECTARE (1)

FUMIER. RÉCOLTE

Acide phosplioriquc 39 4 37.8 (2;

Azote 82.8 87.4

Potasse. 102.G 52.4

Chaux 160.0 32.9

Vous le voyez, la balance conclut en notre laveur, car pour deux éléments de production, l’acide phospliorique et l’azote, elle se solde en équilibre, et pour les deux autres, la potasse et la chaux, elle se solde par un excédant en faveur du fumier et de la terre.

Suivons les conséquences de ce premier fait.

La doctrine des engrais chimiques ajoute que les substances qui règlent la formation des récoltes n’agissent qu’à la condition d’être associées toutes les quatre; elle ajoute que chacune d’elles, suivant la nature des plantes, remplit tour à tour une fonction subordonnée ou prédominante, et que cette prédominance et cette subordination dépendent exclusivement de la nature des plantes.

La doctrine des engrais chimiques dit encore, comme troisième proposition, (ju’il faut diviser les végétaux en deux grandes classes au point de vue de la source où ils puisent l’azote : ceux qui le prennent

(1) Doussingaiilt, Économie rurale^ l. II, p. 187.

(2) Lucide phosphoriquc est la partie active du phosphate de

de préférence dans l’air, comme les légumineuses, et ceux au contraire qui, à l’exemple des céréales, ont besoin de le trouver dans le sol.

Enfin, la doctrine des engrais chimiques affirme que les substances constitutives de l’engrais cessent de manifester leur action si on les emploie isolément dans une terre dépourvue des trois autres, et deviennent, à ce point de vue, une non-valeur pour la végétation.

A la lumière de ces notions, nous pouvons découvrir au système triennal des défauts que l’observation, livrée au seul témoignage de l’empirisme, n’aurait pu ni formuler, ni même pressentir, et arriver enfin par le même procédé de critique, appliqué aux assolements alternes, à une justification plus complète, plus entière, de la doctrine des engrais chimiques.

11 vous, souvient. Messieurs, que le système triennal laisse dans la terre un excédant de potasse et de chaux.

D’après ce que nous avons dit de l’inertie qui frappe tes éléments de l’engrais, lorsqu’on les emploie isolément, c’est là un défaut grave, puisque ces produits ne peuvent manifester leur action en l’absence de quantités corrélatives de phosphate de chaux et de ! matière azotée.

^ Passe-t-on du système triennal au régime des assolements alternes, que trouve-t-on? Que la pratique, sans autre guide que son instinct merveilleux, le jour où elle a dû supprimer la jachère, a eu re- ' cours à la pomme de terre et au trèfle qui ont besoin ! de beaucoup de potasse et de chaux, et qui, en outre.

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LES ENGKAIS CHIMIQUES.

puisent leur azote dans l’atmosphère, ce qui permet d’utiliser les produits laissés sans emploi dans la terre par le système triennal, et d’arriver à une balance parfaite.

Consultons, en effet, l’expérience, et prenons pour exemple up assolement de cinq ans, comprenant la succession de récolte suivante :

Ire année Pommes de terre.

2® — Froment.

3® — Trèfle.

4® — Froment.

5® — Avoine.

Tandis que dans le système triennal, il y avait excédant de potasse et de chaux, cette fois rien n’est laissé sans emploi, et à part une petite quantité de chaux qui est sans importance, la balance se solde en équilibre.

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