‹ Les engrais chimiquesChapitre 8 sur 154 · Fumier de ferme · texte numérisé non relu

Fumier de ferme

Il résulte de tout ce qui précède qu’à l’aide des engrais chimiques, on peut obtenir avec économie des rendements de betteraves très-élevés.

Mais là n’est pas toute la question; il faut encore que la racine soit de bonne qualité, et que sa richesse saccharine n’en souffre pas. En élevant la récolte, les engrais chimiques ne nuisent-ils pas à la qualité? Sur ce point mon affirmation est formelle : on peut doubler et tripler même la récolte sans affecter la richesse saccharine.

Premier exemple ;

En 1861, époque de la fondation du champ d’expériences de Vincennes, on a récolté sans le secours d’aucun engrais 50,700 kil. de betteraves à l’hectarej contenant 10.63 p. 100 de sucre, alors qu’en 1862 la même terre n’ayant produit que 13,700 kih de racines à l’hectare, elles n’ont donné que 8.67 p. 100 de sucre.

Ici tout est simple. Les engrais n’ont pas joué de rôle. La terre n’en avait pas reçu. Le maximum de

Melun (Seine-ct-

RÉCOLTE A L’HECTARE

48,937 kil.

(1) Voyez à l’appendice le relevé de toutes les tentatives faites en associant les engrais chimiques au fumier.

richesse saccharine coïncide avec le maximum de rendement.

Il n’est donc pas exact de poser en principe que les rendements élevés ne sont obtenus qu’aux dépens de la qualité de la racine.

Nouvel exemple à l’appui de cette conclusion :

En 1866, la terre qui n’avait pas reçu d’engrais a produit 12,450 kil. de racines par hectare, titrant 5.43 p. 100 de sucre, tandis qu’avec l’engrais complet la récolte s’est élevée à 38,900 kil., avec une richesse saccharine de 9.28 p. 100.

Lorsque la récolte atteint 50 ou 60,000 kil. par suite de fumures renouvelées chaque année, le résultat ne change pas. La betterave possède la même richesse que lorsque le rendement ne s’élevait qu’à 30 ou 40,000 kil. En voici quelques exemples empruntés à la campagne de 1868 :

RÉCOLTE

L’HECTARE

SUCRE

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