‹ Les engrais, les ferments de la terreChapitre 13 sur 51 · AMENDEMENTS ET ENGRAIS MINÉRAUX · texte numérisé non relu

AMENDEMENTS ET ENGRAIS MINÉRAUX

Pour que nos récoltes prospèrent, il faut que tous les individus de la même espèce qui croissent, à côté les uns des autres, dans le même champ, trouvent à chaque période de leur vie tous les aliments qui leur sont nécessaires; il faut que le niagasin dans lequel puisent l<*s racines soit copieusement garni, non seulement de matières azotées, d'humus, dont nous avons indiqué les origines dans le chapitre précédent, mais aussi de matières minérales. Quelques-unes d'entre elles sont directement assimilées par les végétaux : ce sont des aliments au même titre que les nitrates et les sels ammoniacaux, et le nom d'engrais minéraux leur convient. 11 ne convient plus à d'autres substances, employées avec grand avantage, et qui ne sont pas utilisées directement : on sait, par exemple, que le plâtre ou sulfate <le chaux répandu sur les prairies artificielles augmente les récoltes, parfois il les double ; cependant, quand on détermine la composition des cendres d'un trèfle plâtré, on n^y trouve pas plus d'acide sulfurique que dans les cendres d'un trèfle qui n'a pas reçu de plâtre : ce sel

n'a donc pas pénétré en nature dans la plante, comme l'aurait fait un nitrate ou un phosphate, le plâtre n'est donc pas un engrais, c'est une matière destinée à agir sur la terre pour modifier, métamorphoser les substances qu'elle renferme à l'état insoluble, pour les rendre assimilables ; c'est un amendement. Il n'en est plus tout à fait de même de la marne et de la chaux, dont nous allons nous occuper d'abord : elles sont à la fois engrais et amendements.

§1 Amendements calcaires.

Pour que ces amendements calcaires exercent leur action, il faut qu'ils soient incorporés à la terre, ce qui n'est possible qu'autant qu'ils sont réduits en poudre. Or, on trouve dans un grand nombre de terrains, souvent à une faible profondeur, des pierres formées d'un mélange de carbonate de chaux et de matières argileuses, désignées sous le nom de marnes, qui se délitent dans l'eau et se réduisent en poudre sous l'influence de la gelée : quand une marne déposée dans un champ est mouillée, l'argile qu'elle renferme se délaie : de là des ruptures dans la masse, qui se réduit déjà en menus fragments. A cette première action de la pluie se joint, pendant l'hiver, la force expansive de la gelée : la marne gorgée d'eau, grâce à l'argile qu'elle renferme,

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