CHAPITRE PREMIER
LA FIXATION DE l/ AZOTE DANS LE SOL
Il y a quarante ans, les notions acquises sur la fermentation tenaient dans un court chapitre des traités de chimie; aujourd'hui que M. Pasteur a démontré que la génération spontanée est une chimère, que les liquides les plus altérables persistent à leur état primitif tant qu'ils sont préservés des germes des bactéries ou des végétaux cryptogamiques, qu'il a fait voir que la matière organisée n'est ramenée aux formes simples qui permettent à ses éléments de rentrer dans la circulation générale que sous l'influence des micro-organismes, on comprend quel rôle immense remplissent dans ce monde les infiniment petits dont le microscope îspu! nous révèle la présence.
On sait quelle a été Tadmirable évolution de la médecine et de la chirurgie depuis qu'elles ont été éclairées par le génie de notre illustre compatriote ; on sait que les pansements antiseptiques, la découverte des vaccins, ont préservé de la mort des millions d.'étres vivants; on sait encore que nombre d'indxistries, la fabrication de la bière, celle du vinaigre, ont acquis des méthodes sûres de travail ; on espère que bientôt il en sera de même de Tart de faire du vin. Enfin, comme pour montrer qu'aucune des branches de Tactivité humaine tenant à l'exploitation des êtres vivants, ne peut se dérober à la puissance des ferments, la culture elle-même doit compter avec eux. Gomment interviennent-ils pour fixer dans le sol un des plus puissants éléments de fertilité : Tazote? Comment agissent-ils pour modifier, transformer les résidus qui proviennent des végétations antérieures ou ceux qu'ils élaborent eux-mêmes et les rendre assimilables par les végétaux? C'est là ce que je veux étudier dans cet écrit.
Les ferments pathogènes du sol.
La terre renferme les germes d'une multitude de micro-organismes *, parfois ils appartiennent aux
i. M. Duclaux, de rAcadémie des Sciences, a consacré plusieurs articles à leur étude dans les Annales de V Institut Pasteur^ t. 1, III, IV.