‹ Les engrais, les ferments de la terreChapitre 27 sur 51 · FERMENTS PATHOGÈNES · texte numérisé non relu

FERMENTS PATHOGÈNES

Bien d'autres maladies infectieuses paraissent être dues aux germes qui conservent leur vitalité dans le sol. Sans parler des fièvres intermittentes, du paludisme* , peut-être de la fièvre jaune, le tétanos est également une maladie microbienne et atteint surtout les personnes dont les blessures sont en contact direct avec le sol, particulièrement lorsqu'il a été contaminé par les déjections solides des chevaux.

De très bons esprits ont été effrayés des irrigations aux eaux d'égout établies aux portes de Paris, dans la presqu'ile de Gennevilliers, ils ont craint que le sol rui retînt les germes des maladies infectieuses et ne devint une source constante d'insalubrité. Il ne semble pas que ces craintes soient fondées ; si, en effet, les germes pathogènes persistent souvent dans le sol pendant plusieurs années, surtout lorsqu'ils sont enfouis dans les. profondeurs, ils s'atténuent quand, les terres étant cultivées, remuées par les instruments, ces spores amenées au jour sont soumises à l'action de l'air et de la lumière.

Nous n'insisterons pas au reste sur ces ferments pathogènes du sol, car, si intéressante que soit leur étude, elle n'exerce aucune influence sur la production végétale, que nous avons seule en vue.

1. M. le docteur Laveran a résumé récemment ses remarqua.^ blés recherches sur le paludisme, dans un des petits volumes des Aide-Mémoire, publiés sous la direction de M. Léauté, membre de l'Institut.

Les sols maintenus en prairie permanente s'enrichissent d'azote atmosphérique.

Quand on soumet des graines, des grains de blé, par exemple, à l'analyse, de façon à connaître leur composition, on y distingue facilement trois matières principales : de l'amidon, la poudre blanche bien connue, qui, gonflée dans l'eau chaude, fournit l'empois, employé pour donner au linge la rigidité nécessaire à quelques parties de notre ajustement ; de la cellulose, qui reste dans le son, séparé de la farine par le blutage ; et enfin du gluten, matière grisâtre, molle, élastique, se prenant facilement en une pâte liante.

Si on cherche quelle est la composition élémentaire de ces trois matières, si, en d'autres termes, on détermine le poids des divers corps simples qui constituent ces trois principes : amidon, cellulose, gluten, on trouve que, tandis que les deux premiers sont exclusivement formés de carbone, d'hydrogène et d'oxygène (ces deux derniers éléments dans les rapports de poids qu'ils présentent dans l'eau), le gluten renferme, outre le carbone, Toxygène et l'hydrogène, un quatrième corps simple : l'azote. Quand on brûle l'amidon ou la cellulose, on ne perçoit aucune odeur forte. Il n'en est plus de même du gluten. La calcination dégage res produits à odeur

Page 1