SANG. — VIANDE. — LAINE
souvent naguère que, dans les fermes où l*on perdait des animaux atteints de maladie contagieuse, on se bornait à les enfouir, et cette habitude fâcheuse a contribué pendant bien longtemps à propager une des maladies les plus redoutées : le charbon. Nous indiquerons plus loin comment se propage le charbon, et bien que, grâce aux admirables découvertes de M. Pasteur, aux vaccinations préventives de plus en plus répandues, cette maladie tende à disparaître, on ne saurait cependant prendre trop de précautions pour empêcher sa propagation. M. Aimé Girard a indiqué, il y a quelques années, une méthode très simple qui permet de convertir les animaux qui ont péri sous les atteintes de ces maladies contagieuses, en un engrais efficace et inoffensif : il suffit de plonger les cadavres dans une cuve renfermant de l'acide sulfurique à 60** ; Tacide réduit l'animal en une sorte de bouillie noire ; on achève la saturation à l'aide de la poudre de nodules de phosphate de chaux, et on obtient ainsi une masse sèche, facile à répandre, d'une haute valeur fertilisante, et absolument débarrassée de tout germe morbide.
La culture emploie encore d'autres résidus d'origine animale, notamment la laine et le cuir; les chiffons de laine simplement effilochés sont en usage dans les vignes depuis un temps immémorial; le prix du chiffon varie avec celui du vin ; quand la récolte a été abondante, la qualité médiocre, le vin se vend mal, le prix du chiffon tombe, pour se relever pendant les années où les vignerons vendent cher. Ces chiffons de laine ne
s'altèrent que lentement dans le sol, et si leur action se fait sentir pendant plusieurs années, ellen*est pas assez rapide pour soutenir la végétation des plantes qui en quelques mois accomplissent leur évolution; aussi, a-t-on essayé de hâter la décomposition de la laine en la traitant, soit par de la vapeur d'eau surchauffée, soit par Tacide sulfurique ; on fabrique ainsi un produit connu sous le nom de laine dissoute, ou encore d'azotine, beaucoup plus efficace que la laine brute.
Souvent cependant les vieux vêtements de laine pure sont utilisés autrement; soumis à un travail mécanique spécial, la fibre peut être tissée de nouveau ; ces étoffes de médiocre qualité ont reçu un nom qui fait honneur à l'esprit inventif des fabricants, on les appelle de la renaissance : un vieux vêtement, fatigué, troué, hors d'usage, est travaillé, et sa matière première reparait avec un lustre nouveau : c'est une renaissance de la laine. Quand les tissus sont laine et coton, ce travail n'est plus possible, et l'on soumet alors ces étoffes à l'action de la vapeur d'eau surchauffée : les fibres animales se désagrègent, forment une masse noirâtre ayant l'aspect du cirage, qui vaut seulement par les 9 a 12 centièmes d'azote qu'elle renferme; quant aux fibres végétales qui ont résisté à la vapeur, elles servent à la fabrication des papiers communs.
On a également employé comme engrais azoté : les débris de cuir. Simplement moulus, ils ne se décomposent qu'avec une très grande lenteur. Mais lorsqu'ils ont été soumis à l'action de la vapeur surchauffée, ils