CHAPITRE II
Hommages à Chapelain sous forme de dédicaces. — Plinct de Gronovius, 1668. Epître dédicatoire : Hlustri et singularis exempli virOy Johanni Capelano. Huet lui dédie son lier SuecicurUt 1661. Joie de Chapelain. Son empressement à distribuer les exemplaires de la pièce. Ouvrage de Horbius, 1671. Lectiones Polybi&nss de Bœcler, 1670.
Chapelain était sensible surtout aux éloges donnés sous forme de dédicaces : il les agréait avec joie et , au besoin, il les provoquait. C'était pour lui la consécration officielle de sa haute fortune littéraire , de ce patriciat qu*il exerçait à Tombre du grand nom de Colbert. Il pouvait ainsi » et avec un sentiment de légitime fierté , montrer à ses maîtres ces hommages d^écrivains « entre les illustres , » montrer son nom brillant de l'éclat de ces gloires étrangères , et comme tout illuminé de leurs reflets lointains. En 1668, Thcvenot se ti*ouve à Amsterdam. Il travaillait alors à sa traduction du géographe arabe Aboul-Péda, dont une partie avait paru plusieurs années aupara-
vaut (1). Chapelain exhorte sou correspondant à continuer ce travail , t à le conférer avec l'original dont M. Gronovius peut disposer •, et à ses avis il ajoute les nouvelles qui peuvent intéresser le célèbre voyageur. « J*ai réjoui M^^etM'*® Sévigné(2), lui dit-il, en les assurant que j'anrois bientôt le traité du Firenzuola (3) qu'elles souhaitent. Je ne Tai point encore reçu, ni le Pline de M. Gronovius, dont il y a quelque temps qu'il me donna avis , à ma grande confusion. J'espère que 9 dans cette dédicace, il aura eu soin de ma pudeur, comme je l'en avois instamment supplié (4). »
Quelques jours après , arrivait « la lettre dédicatoire. » Il ne paraît pas que Chapelain ait songé alors à se plaindre des louanges excessives < du civil M. Gronovius, » et de Vexorbitafice de cet ami. Il accepte tout , remercie avec effusion , sans autres regrets que de ne pas mériter tant d'éloges, t J'attendois , dit-il au savant éditeur de Pline , une occasion qui ne vous fût point à charge, pour vous rendre très humbles grâces des deux pièces éloquentes qu'on m'a
(1) Relations de divers voyages curieux^ etc.f tome I, in-f*. Paris, 1663. — Melchisedech Thévenot, 1620-1692 ; garde de la bibliothèque du roi, de 1684 à 1692.
(2) La fille de M"* de Sévigné. L'année suivante, en 1669, elle, allait devenir comtesse de Qrignan. Elle avait alors vingt ans était née en 1648, et mourut le 13 août 1705. Le Dictionn&ire de Dézobry la fait naître en i646.
(3) Ange Firenzuola, 1493-1548, ami de TArétin, religieux de Vallombreuse , et auteur de huit Nouvelles dans le genre de celles de Boccace.
(4) Lettre du 21 décembre 1668, à Thévenot ; II, 608.