‹ Les ennemis de ChapelainChapitre 39 sur 122 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

L'abbé de MaroUes. — Traducteur pitoyable. Causes de son hostilité contre Chapelain. Celui-ci auteur d'un Essai sur la traduction vers 1615. Occasion de cet Essai. Chapelain d'abord en bonnes relations avec MaroUcs ; lui fait présent de son Ode à Richelieu, 1635 ; de son Ode pour la naissance du comte de DunoiSy 1646. Traduction de Lucrèce par l'abbé de MaroUes, 1662. Jugement de Chapelain. Une bévue de MaroUes. Demeure de l'abbé de MaroUes à Paris. Liste de quelques gens de lettres vivant en 1662. MaroUes gratifié en 1668. MaroUes établi au faubourg Saint-Germain. Rupture entre MaroUes et Chapelain. Causes de cette rupture. La traduction de Virgile publiée en 1649. Préface do Guzman d'Alfarache, Date de cette brouille. Paraît postérieure à 1655. Vanité de l'abbé de MaroUes. Epître placée en tête de ses Mémoires, 1655.

Voici maintenant le plus acharné et le plus détesté aussi des adversaires de Chapelain , « le chef de la conspiration, » ra55a55in des auteurs latins dont il se fit le traducteur. De la pile de ses œuvres, dont on peut voir Ténumération effrayante dans Nicei*on (1),

(1) Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres

il n'y a rien à tirer. Seuls, ses Mémoires, qui vont de 1600 à 1655, peuvent être lus avec quelque profit, et renferment certains renseignements sur les gens de lettres de Tépoque dont nous nous occupons.

Selon l'ordinaire, un amour- propre d'auteur froissé fut l'origine du ressentiment de Tabbé de Marolles. Une lettre va nous apprendre en partie la cause de cette haine. Chapelain écrit à Huet, et regrette que le jeune érudit normand néglige, pour d'autres travaux, sa version de l'ouvrage d'Origène contre Celse (I). Le public, disait Chapelain, eût tiré grand profit de cette traduction ; après la théorie serait venue la pratique, et l'exemple d'un maître aurait confirmé dos préceptes si bien exposés dans le De claris interpretibus (2). € C'est dommage, écrivait-il en 1665 au futur évoque d'Avranches, que l'ignorance ou la négligence de Gélénius (3) aient laissé la vérité encore engagée dans les ténèbres dont il l'a couverte, et que les taches par lesquelles il l'a salie lui fassent encore avoir un air de fausseté par le défaut d'une interprétation fidèle. Mais puisque ce travail, que j'ai moi-même trouvé servile aussi bien que vous, il y a près de cinquante ans, et que la déclaration imprimée que j'en fis alors

de la République des lettres y vol. XXXII. 43 vol. in-12, 1727- 1745. — Jean-Pierre Niceron, né à Paris en 1685, mort en 1738.

(1) Le traduction de Huet parut plus tard : Origenis commenCaria; 2 vol. in-f*, Rouen, 1668.

(2) 1 vol. in-4% Paris, 1661.

(3) Sigismond Gélénius, né à Prague vers la fin du quinzième siècle, et mort à Bàle en 1554 ou 1555. -^ Voy. Bayle, Dictionnaire critique y art. Qélénius.

m*a depuis mis sur les bras Pabbé de Marolles, le traducteur que vous savez, comme si elle eût été faite contre lui par prophétie ; puis, dis-je, que cette occupation n*est pas de votre goût et qu^elle s'accommode mal avec la noblesse de votre génie, il faut prendre patience, en attendant que Dieu suscite quelque homme de bien et intelligent comme vous, mais non pas si délicat et si dégoûté que vous, par qui cette entreprise puisse être heureusement faite ; et il faut vous louer de vos inclinations philosophiques, qui vous font tourner les yeux du côté do la nature, et qui vous attachent principalement à la contemplation des merveilles qu'elle produit de temps en temps (l). »

Cette déclaration imprimée « il y a près de cinquante ans » dut paraître entre 1615 et 1C20. Qu*est devenue cette pièce? Elle n'est mentionnée nulle part ailleurs, et elle est de beaucoup antérieure aux premiers ouvrages connus de Chapelain : la préface de VAdone en 1623, et la traduction de Guzman d'Alfarache en 1633. I^e critique se serait donc révélé de très bonne heure, à freine âgé de vingt ans, à Toccasion d*un texte grec d'Origènef Cet écrit, publié vers 1615, lui valut dans la suite les attaques de Tabbé de Marolles mécontent, sans doute, des idées de Chapelain sur la manière de traduire.

Le premier méfait de « l'infâme traducteur > est de 1655 : Epigrammes de Martial, en latin et en français avec de petites notes (2). A ce compte , la prophétie re-

(1) Lettre à Huet, du 14 mars 16(j5; II, 388.

(2) 2 vol. in-8", Paris, Guillaume de Luynes, 1655.

montait fort loin ; et, comme le dit M. Tamizey de Larroquc, t devança de près de quarante ans Tévénemenl (1). »

Avant cette date de 1655, Chapelain ne semble pas avoir eu de démêlés avec Marolles. Celui-ci, qui écrivait alors ses Mémoires^ n'en dit encore aucun mal (2). Le chantre prochain de la Pticelle y paraît môme en relation avec le terrible abbé. Il lui envoie ses pièces, odes , sonnets ou tombeaux. L'écrivain fanfaron n*a pas voulu que la postérité ignorât le nom d'aucun de ceux qui lui avaient offert leurs ouvrages. Il en a dressé longuement et complaisamment le catalogue , dont il a fait un monument de sa prodigieuse vanité. L'abbé de Villeloin a conscience de l'honneur qu'il rend à son tour : « Dénombrement où se trouvent les noms de ceux qui m'ont donné de leurs livres , ou qui m'ont honoré extraordinai rement de leur civilité (3). » Dans cette liste figurent la plupart des gens de lettres du temps. Chapelain y est l'objet d'une mention qui n'a rien de défavorable : « Jean Chapelain, pour ses odes à M. le cardinal de Richelieu et sur le sujet de la naissance de M. le comte de Danois, et quelques autres vers, où je ne comprens pas le poème de la Pucelley duquel on a fait divers jugemens. Ses premiers ouvrages sont une version de Guzman

(1) Lettres de Chapelairiy II, 389.

(2) Mémoires de Michel de Marolles, abbé de Villeloin y 1 vol. in-f^. Paris, Sommaville, 1656. — Une seconde édition en fut donnée par Tabbé Goujet. 3 vol. in- 12, Amsterdam, 1755.

(3) Mémoires de Marolles, édit. in- 12 de 1755, vol. III, p. 256 et suiv,

d'Alfarache, et la Préface qu'il fit sur VÀdone du cavalier Marin. »

L'Ode à Richelieu fut composée en 1632 et imprimée seulement en 1635 (1). Le comte de Dunois, Jean- Louis-Charles d'Orléans , flls du duc de Longueville, fut connu plus tard sous le nom d'abbé d'Orléans, Il était né le 12 janvier 1646, et mourut en 1694. Chapelain , en pensionnaire reconnaissant , chanta la naissance de l'enfant. Deux mois après , sa pièce fut imprimée chez la veuve Jean Camusat : Ode pour la naissance de Mv le comte de Dunois (2). A cette date , Chapelain vivait donc en bonne intelligence avec Tabbé de Marolles. Sans cela , évidemment , il ne lui eût pas fait présent de ses vers , et ne l'aurait pas honoré de sa « civilité. »

Le duc de liOngueville avait eu déjà, en 1634, de sa première femme, fille du comte de Soissons (3), un fils qui reçut le nom de comte de Dunois. Il ne no peut être question ici de cet enfant mort au berceau. La pièce cependant lui avait été destinée. Mais c'était écrit : Chapelain ne devait jamais avoir de chance en poésie. La mort prématurée du jeune prince vint tout gâter : les vers du poète demeurèrent sans emploi , et un tombeau dut remplacer le ton lyrique de l'ode. En 1634, il fait part de sa déconvenue

(1) Voy., sur cette Ode à Richelieu, M. Kerviler, La BreUgne à l'Académie^ p. 101.

(2) In-4* de 22 pages, Paris, 1646.

(3) Louise de Bourbon , mariée au duc do Longueville en 1617, et morte le 9 septembre 1637. En 1642, celui-ci épousa Anne-Geneviève de Bourbon, sœur du grand Condé.

au marquis de Salles, le futur duc de Montausier (1). On sourit , malgré soi , à la vue de Pair déconfit de Chapelain , embarrassé , interdit , ses vers à la main, dont il ne sait plus que faire. Il ne prévoyait pas à ce moment, nous dit M. Tamizey de Larroque, qu'il trouverait Foccasion de les utiliser plus tard, en 1646, quand vint au monde le second comte de Dunois (2). « Madame la duchesse de Longueville, dont vous ne me voulez pas consoler , écrit-il le 7 février 1634, enfin est hors de danger, après nous avoir fait craindre et pleurer six semaines entières, et avoir perdu le fruit qui la devoit rendre la plus heureuse de son sexe. J'avois célébré sa grossesse , et en avois promis de grandes choses à la France ; mais Apollon qui m'inspira n'est qu'un menteur ; et, après m'avoir donné la peine à rimer des espérances, enfin je les ai trouvées fausses et les ai condamnées à ne jamais se produire au jour. Ce qui a été trop vrai a été la mort du jeune comte de Dunois, laquelle j'ai marquée dans un tombeau que je lui ai dressé et que M. votre frère vous aura envoyé (3). »

Un autre passage des Mémoires nous montre l'auteur en relations avec Chapelain. A la date de 1646, Marolles raconte qu'on vint à parler chez Retz, alors coadjuteur de l'archevêque de Paris , de la difficulté de traduire Virgile. Chapelain prétendait que l'abbé

(1) Montausier porta le nom de marquis de Salles jusqu'à la mort de son frère aîné, Hector, tué à Bormio en 1636.

(2) Lettres de ChapeUiriy I, 63.

(3) Hector de Montausier. — Letttre « à M. de Sales ; » I, 63.

était encore « plus présomptueux qu'ignorant (1). » En voici la preuve. Ce que les gens d*esprit qui se réunissaient au petit archevêché, ce que Retz, qui n'était pas un sot, jugeaient une entreprise épineuse, ne Tefifraie pas le moins du monde, et il se jette dans TafFaire avec la folle témérité qui lui était ordinaire. « Je lui dis pourtant, continue Tabbé de MaroUes , qu*il faudroit essayer, et ne se laisser point imposer par les mauvaises versions qui avoient été faites jusque-là de cet admirable auteur, excepté les parcelles que nous avions du cardinal Du Perron, de Bertaud, évoque de Séez, et de quelques autres. Làdessus, on contesta quelque tems sur le mérite de ces ouvrages; puis, on dit que c'étoient plutôt des paraphrases que des versions, et que, de quelque façon qu'on les voudroit nommer , elles seroient toujours infiniment au-dessous de Virgile. »

Et voilà aussitôt Tabbé de Marolles à l'œuvre , en train de réparer les fautes des autres, le malheur de leurs mauvaises versions et de leurs paraphrases de Virgile. Les scrupules de tant de personnes éclairées lui inspirent bien quelque légère défiance de ses forces ; mais il se rassure vite , et « déshonore » le poète latin avec cet air de satisfaction qui ne l'abandonne jamais. A l'entendre , Chapelain aurait même approuvé cette méchante traduction, lui qui nous dit ailleurs que ce fut là la cause de sa brouille avec

(1) Lettre à Heinsius, du 26 avril 1662. V07. un peu plus Joîn, p. 127.

Marolles (1). « C*étoit bien, écrit celui-ci, pour me décourager du dessein que j'en avois déjà conçu; toutefois, en ayant voulu faire l'expérience, comme j'eus commencé par le sixième livre de V Enéide^ qui est Tun des plus éloquens, et le plus rempli de belles choses, j'avoue que ce coup d'essai ne me déplut pas, et que j'en eus même quelque sorte de complaisance, par un ami intelligent : c'étoit M. Cotin, à qui je fus bien aise de le communiquer; de sorte que je m'y engageai insensiblement, et j'en achevai l'entreprise en moins d'un au, avec autant de joie, par la bonne opinion que j'en avois conçue, qu'il est dangereux d'en faire juge le public. Je le as néanmoins , et peutêtre avec un peu trop de hardiesse, quoique plusieurs personnes fort habiles, qui en avoient lu des cahiers, et entr'autres M. Conrart et M. Chapelain, dont la réputation est si bien établie , m'en eussent dit tout le bien que je pouvois désirer. »

€ On travailla donc à son édition dès l'année 1648 ; et le libraire, qui en ât les frais, Tenrictiit de figures du dessin de Frai^çois Ghauveau, l'un des plus excellons hommes de sa profession (2). »

Au moment où il écrivait ses Mémoires ^ en 1655, Marolles n'avait pas encore déclaré la guerre à l'auteur de la Pueelle : le compliment à l'adresse de M. Chapelain, « dont la réputation est si bien établie, » semble le prouver. Ce serait donc en 1656,

(1) Voy. un peu plus loin. Lettre à Huet, du 18 février 1662.

(2) Mémoireg, vol. I, p. 324, édit. in-12. L'édition parut, en effet, 1 voJ. in*f*. Paris, Toussaint Quinet, 1649«

que Marolles , avec Liniëre et La Mesnardiëre, aurait ouvert le feu contre Chapelain , et mené la rude campagne qui devait faire passer tant de mauvaises nuits au pauvre auteur, déjà harcelé de toutes parts. Nous Pavons vu plus haut , la brouille était complète^ en 1659. Les années suivantes elle s'aggrava encore davantage , et peu à peu le poète méconnu en vint jusqu'au dernier mépris pour son adversaire et ses œuvres.

En 1662, dans uii passage où il est question de Molière, Tabbé de Marolles est jugé comme il le mérite, mais avec Tâpreté que peut suggérer une vieille rancune. « On dit , écrit Chapelain , que le comédien Molière, ami de Chapelle (1), a traduit la meilleure partie de Lucrèce , prose et vers , et que cela est fort bien. La version qu'en a fait (sic) Tabbé de Marolles est infâme et déshonore ce grand poète (2). » En 1664, nous apprend Brossette, Molière lut certaines parties de sa traduction de Lucrèce, en présence de Boileau et du duc de Yitry (3). Mais, avant cette date , l'ouvrage était déjà fort avancé ; des

(1) Fils naturel de François Lhuillier, le grand protecteur de Gassendi, né en 1626 à La Chapelle-Saint-Denis» Seine, dont il prit le nom ; mort à Paris, en septembre 1686.

(2) Lettre du 25 avril 1662, « à M. Bernier, médecin du Grand* Mogol, àDelli; » 11,225.

(3) D'après M. Tamizey de Larroque, vol. II, p. 225, il s'agi* rait du maréchal de France , celui qui tua le maréchal d'Ancre dans la cour du Louvre, le 24 avril 1617. Mais le maréchal, né en 1581, était mort depuis 1644. Il s'agit plutôt, croyonsnous, du fils du maréchal, François-Marie, mort en 1679.

lectures en furent faites dès 1662, Tannée même de la repi*ésentation de V Ecole des femmes , deux ans avant le Misanthrope , où se trouve Tunique fragment qui nous soit resté de la version de Molière (1).

liO lendemain , Chapelain entretenait Heinsius d'une leçon de sa récente édition d'Ovide (2). « Je ne sais , lui écrit-il , si c*est Tabbé de MaroUes qui a critiqué le premier votre correction ou restitution de anu mare et tellus; mais je sais bien qu'il est plus ignorant qu'il ne le faut pour" cela , et encore plus présomptueux qu'ignorant. Je souhaiterois que ce fût lui. Vous en seriez quitte pour le mépriser; car on se déshonore, même lorsqu'on l'honore d'une réprimande (3). *

La présomption et l'ignorance c du compagnon » étaient universellement connues , et ses bévues égayaient les amis et les cercles littéraires du temps. Retz , Ménage , Chapelain, d'Ablancourt s*amusaient de tous ces assassinats commis avec le plus grand sang-froid du monde. « Jamais homme, disait Chapelain en 1662 , n'envisagea moins la vérité, n'entendit moins les auteurs , pour peu qu'ils soient difficiles. » Voici un exemple de ce défaut absolu d'intelligence : il nous est fourni par le Menagiana, et justifie assez pleinement les mépris prodigués au méchant traducteur, c C'est Tabbé de Marolles, y lisons-nous qui , comme le remarque M. de Lon-

(1) Le Misanthrope, acte II, se. v. — Claude BroBsette était né à Lyon en 1671, et mourut le 16 juin 1743.

(2) 3 vol. in-16, Amsterdam, Elzevier, 1659-1661.

(3) Lettre du 26 avril 1662, à Heinsius, à Stockholm ; II, 229.

gepierre (i), page 62 de son Mosckus de TéditioD d'Amsterdam , a fait la plaisante bévue de citer Politien (2) dans sa traduction du Moschus de Théocrite. Et voici comment cela est arrivé. Dnns les anciennes éditions de Théocrite, entre antres dans celle de Francfort, in-8^, 1445, la vingt et unième idyle est intitulée : M($(txou ''Epcoc SpaTc^Ttic; et cependant tout au-dessus de la page , il y a : « BECKPITOT EIAYAA . xa. » Et môme , dans la version d*Eobanus (3), quoique la vingt et unième idyle soit intitula : Moschi amor fugitivus^ il ne laisse pas d*y avoir au-dessus des pages : THEOCRITI EIDYLLIUM . XXI ; en sorte , qu'on croiroit que cette idyle , intitulée : f Amour fugitif de Moschus (4) , appartiendroit véritablement à Théocrite. Eobanus n'en a point fait de distinction. L'abbé de MaroUes a donné dans ce panneau ; et trouvant depuis dans Politien : Amor fugitivus e Grxco Moschi , s'est imaginé que cela vouloit dire : V Amour fugitif , traduit du grec de V Idyle de Théocrite : intitulée Moschus. Voilà tout le mystère (5). »

Naturellement, Chapelain ne manqua pas, dans la

(1) Longepierre, né à Dijon en 1659, mort en 1721, précepteur du duc de Chartres, qui fut plus tard le Régent.

(2) Ange Politien, le célèbre précepteur de Léon X, né en 1454» mort à Florence en 1494, à peine âgé de quarante ans.

(3) Helius Eobanus Uessus, né dans la Uesse, à Bockendorf, en janvier 1488; mort en 1540.

(4) L'Amour fugitif, Tune des principales idylles de Mosehus, contemporain de Théocrite.

(5) MenaaiaîU, III, 158.

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