‹ Les ennemis de ChapelainChapitre 42 sur 122 · DEMEURE DE MAROLLES A PARIS · texte numérisé non relu

DEMEURE DE MAROLLES A PARIS

pour jouir souvent de son agréable entretien, et surtout les après-dînées, qu'elle recevoit les visites de ses amis (1). »

Enfin, en 1646, il se met de nouveau en voyage pour revenir au faubourg Saint-Germain. A la mort de la demoiselle de Gournay , peut-être avait-il abandonné la rue Saint-Honoré et accepté un logement à rhôtel du duc de Nevers, que son père avait longtemps servi (2). Mais cette fois , c'est bien étonnant , MaroUes se contente d'indiquer son quartier , et nous fait grâce de la rue où il vint demeurer» Serait-il resté près de quarante ans au même endroit? C'est possible; il mourut en effet dans le faubourg Saint-Germain , près du collège des Quatre-Nalions , aujourd'hui l'Institut. « Il habitait, au moins vers la fin de sa vie, nous dit M. Jal, la rue Mazarine, à Paris, près du collège des Quatre-Nations. » Nous en avons la preuve dans son acte de décès, tiré des registres de Saint-Sulpice : « 8 mars 1681. M® Michel deMarolles, abbé de Villeloin et de Beaugerais, aagé d'environ quatre-vingts ans, mort le 6« jourdu^présent mois (3). »

En 1662, MaroUes habitait peut-être déjà la rue Mazarine. « Je délogeai de l'hôtel de Nevers (4),

(1) Mémoires, I, 198.

(2) Charles !•' de Gonzague, duc de Nevers, né à Paris en 1580, mort k Mantoue en 1637.

(3) Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, art. Ma- ROLLES. Paris, Pion , 1872.

(4) L'hôtel de Nevers, auparavant hôtel de Nesle, était situé

écrit-il à la date de 1646, pour venir demeurer au faubourg Saint-Germain, où je suis encore à présent, dans le même logis que tient la veuve de deux excellens hommes , en leur profession , les sieurs Rabel et de Belleville, assez connus de la cour et de toute la France. Comme cette demoiselle (I), ennemie des artifices et de la dissimulation , a Thumeur si agréable , la conduite si vei'tueuse, et Tesprit si bien fait, j'avoue franchement que j'aurois regret de la quitter, pour occuper autre part une plus belle maison (2). » Le 18 février 1662, Chapelain écrit à Huet. « Je viens, lui dit-il, à votre censeur du faubourg. Si vous croyez que son écrit vous puisse nuire auprès du moindre des habiles , vous lui faites trop d'honneur, et ne le connoissez guères. Ceux qui ne bougent de chez lui le bernent au sortir, en toute rencontre, et vous trouverez ici une épigramme de Furetière , Tun de ses familiers, qui vous fera voir en quel prédicament il est parmi eux Ç^). Ce seroit un bon homme, s'il n'étoit cupide de gloire, et si jaloux de

rue de Nevers. Cotte rue commence quai de la Monnaie et finit rue d'Anjou.

(1) Au dix-septième siècle, le nom de demoiselle y donné à une femme mariée, indique toujours une bourgeoise,

(2) Mémoires, I, 322.

(3) Antoine Furetière, abbé de Cbalivoy, dans le Cher. Né à Paris, le 28 décembre 1619, mort le 14 mai 1688. De TAcadémie française le 15 mai 1662, il en fut exclu le 22 janvier 1685, pour l'affaire de son Dictionnaire. — Prédicament , dans le sens de catégorie. « Etre en bon ou en mauvais prcdicament dans le monde. » Richelet, Dictionnaire françois.

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