‹ Les ennemis de ChapelainChapitre 47 sur 122 · VANITÉ DE MAR0LLE · texte numérisé non relu

VANITÉ DE MAR0LLE

nous fait connaître le caractère du « compagnon, • qui n'aimait guère la contradiction et avait quelque peine à pardonner à ses détracteurs. « M. de TEstang, est-il dit dans le Menagiana^ est Tauteur des règles de bien traduire de Port-Royal. Il a pris tous les exemples des bonnes traductions dans les livres de M. d'Ablancourt ou de Port-Royal (I), et ceux des méchantes dans les livres de M. de Marottes , qm "véritablement songeoit plutôt à faire beaucoup de livres qu'à en faire de bons. M. de MaroUes en fut fort en colère, et s'en plaignoit à tout le monde. M. de PEstang ayant jiigéii propos de Tappaiser, choisit pour cela le jour que M. de MaroUes alloit faire ses Pâques, et se présentait devant lui, comme il alloit se mettre à genoux pour communier : « Monsieur, lui dit-il , vous ôtes en colère con- « tre moi; je crois que vous avez raison. Mais, » ajouta-t-il , voici un temps de miséricorde; je vous » demande pardon. • — t De la manière dont vous le » prenez, lui répondit M. de Marolles, il n'y a pas > moyen de m'en défendre. Allez, monsieur, je vous

• pardonne. > Quelques jours après, M. de MaroUes rencontrant M. de l'Estang, lui dit : « Monsieur, » croyez-vous en ôtre quitte ? Vous m'avez escroqué

• un pardon que je n'avois pas envie de vous accor- » der(2). »

(1) Qa«pard de Tende, né en 1618, iBort ^ Paris en lp97. Il publia, sous le pseudonyme de Sieur de TËstang, un traité de la Traduction^ Paris, 1660, dédié à M»* de Bablé. Voy. Sainte- Beuve, Port'RoysLl, vol. III, p. 461, édit. in-8% Hachette, 1860.

(2) Menagianat II, 19.

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