‹ Les ennemis de ChapelainChapitre 82 sur 122 · BROUILLE AVEC MONTMOR · texte numérisé non relu

BROUILLE AVEC MONTMOR

avec une magnanime générosité... « Nous laissons toute liberté à nos amis, dira-t-il ailleui^s, et n'exigeons point d'eux qu'ils se brouillent avec nos ennemis (l).'» Puis, pour montrer combien c'est chose facile, avec un peu de bonne volonté, que de passer de la théorie à la pratique , il se brouille avec Montmor, coupable seulement d'avoir fait sa paix avec Ménage. Le 22 septembre f667, Chapelain écrit à Heinsius. « Nous ne nous voyons plus, M. de Montmor et moi, lui dit-il, depuis son raccommodement avec Ménage, ringrat et audacieux, dans lequel il ne m'a pas donné occasion de me louer de lui. Il n'y a pourtant point eu d'éclat entre nous, et les choses se passent civilement de part et d'autre, lorsque nous nous rencontrons en même lieu... Il est homme d'esprit et d'une imagination très vive, ce qui Ta fait contester (2) de la physique cartésienne à s'en déclai'er le protecteur, qui ne lui fait honneur que parmi ceux de la secte. Du reste, il est rempli de probité (3). •

Chapelain cependant avait toujours eu des relations excellentes avec le maître des requêtes. Depuis de longues années, il fréquentait son salon où, toutes les semaines, se tenaient de savantes réunions (4). Et après plus de sept ans écoulés , quand les haines

(1) Voy. plus haut.

(2) Contester de..., c'est-à-dire t raisonner, disputer sur la physique. »

(3) Lettre à Heinsius, du 22 septembre 1667 ; II, 530.

(4) Voy. un peu plus haut.

devraient bien être assoupies, voilà qii*il rompt avec M. de Montmor, parce que celui-ci a la faiblesse d*oublier le passé et de se réconcilier avec le révolté !

Page 1