‹ Les ennemis de notre santéChapitre 25 sur 37 · L’ŒUF DIFFAMÉ · texte numérisé non relu

L’ŒUF DIFFAMÉ

banale, coliques, diarrhées ou bien, au contraire, constipation, fétidité des excreta. Passons rapidement, car tout cela ne saurait être dit en termes aimables. Arrivons aux accidents qui se manifestent du côté de la peau. C’est tout un chapelet qu’il en faut égrener. Voici d’abord les démangeaisons, sans plus, auxquelles nous donnerons le nom savant de prurit, puis, à un degré supérieur, le prurigo, qui comporte déjà des éléments anormaux, papules minimes qui peuvent faire une impression grave sur les mères, si promptes à s’alarmer. Au-delà de ce dernier, nous nous trouvons en présence de l’urticaire, dont le nom est évocateur des élevures en piqûres d’ortie avec le cortège de démangeaisons qui ne leur fait pas défaut. De l’urticaire, une variété est surtout observée chez l’enfant, le strophulus, si résistant aux divers traitements quand on ne peut s’en prendre à sa cause et qui torture parfois les petits de façon abominable. Ne faut-il pas ranger — j’en demande pardon aux spécialistes — dans la même .catégorie ces phénomènes étranges qui ont reçu le nom d’urticaire géante et d’œdème de Quincke et dont les manifestations revêtent parfois, autour des lèvres, des yeux ou ailleurs, des dimensions qui aboutissent à une véritable déformation de la région? L’eczéma, question actuelle, est parfois attribué à la même origine.

Je me permets d’ouvrir ici une brève parenthèse. Il est parfois bien difficile, pour ne pas dire plus, de découvrir la cause réelle de beaucoup de ces affections. Chez combien d’enfants a-t-on essayé de supprimer tour à tour les éléments divers de leur repas sans faire disparaître l’anormal? Combien d’adultes ne connaissent pas avec plus de précision le secret de leurs maux? La chose est fréquente

avec le strophulus, l’urticaire, l’œdème de Quincke.

Par conséquent, pour avoir le droit d’incriminer

l’œuf sans injustice, il faut que sa disparition du

menu aboutisse à la guérison et que celle-ci soit

durable.

Passons maintenant aux accidents plus sérieux. Ils ont été rarement décrits. Néanmoins il est quelques observations qui montrent le déchaînement, après consommation d’œufs, de phénomènes d’allure grave, tels que douleurs abdominales violentes, vomissements, troubles intestinaux intenses, refroidissements et même états syncopaux. M. Lesné, qui en a observé un exemple, reconnaît l’extrême rareté de ces faits.

Je fais volontairement abstraction d’autres accidents que l’on mettait jadis au passif des œufs et qui sont apparus comme relevant d’une tout autre cause. Je veux parler des désordres déterminés parfois par les gâteaux à la crème et les crèmes non cuites. Nous savons maintenant qu’il s’agit, en pareil cas, d’une atteinte de microbes appartenant au groupe des « paratyphiques » et qui, dans certaines conditions très particulières, sont introduits en toute inconscience dans ces mets par des porteurs de germes et se développent à leur gré dans ce superbe milieu de culture.

Ces discriminations faites, il n’en reste pas moins que les œufs sont parfois coupables des troubles que nous avons décrits. Il reste à savoir par quel mécanisme.

En premier lieu, mettons de côté les accidents qui pourraient résulter d’une consommation trop abondante ou exclusive d’œufs. Au demeurant, ils ne sont guère apparents, ayant coutume de ne se

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