AGAMEMNON
Qu'elle-soit criminelle ou pleine d'innocence,
Ma fille ne doit point niourir pour sa vengeance ' ,
Voilà, il faut l'avouer, des hommes très-modérés et (jui savent se garder des entraînements de la passion.
Agamemnon n'est pas moins maître de lui quand il jipprend l'odieux stratagème dont sa fille va être la victime. En eiïet, conformément au récit de Dictys de €rète, (|ue l'écrivain anonyme proposait à Tiraitation
i. Act. Il, se. 2.
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(le Uuciiie, Ulysse s'est rendu à Ar^^os ; il a remis à ('.lytcmnestre
Lo sciii^' irAj:;anii'iiinoii avec art contrefait.
Le prétexte tronij)eur de l'hymen d'Achille a achevé l'effet de cette lettre supposée, et a décidé le départ de lu fille et de la mère. Voilà l'honnête artifice qu'Ulysse raconte non sans complaisance à Ménélas, et dont celui-ci le félicite avcîc effusion :
Que vous conduisez bien toutes vos entreprises ' !
(Cependant Clytenniestre et Iphigénie arrivent. Agamemnon les reçoit avec un trouble malheureusement bien peu sensible. Resté seul avec sa femme, il l'interroge assez maladroitement sur le motif de leur arrivée :
Picndez sur ce point mon esprit éclairci, Madame, quel sujet vous a conduite ici?
Clytenniestre, sans s'étonner de la (juestion, montre la lettre qu'elle a conservée fort à propos. A cette révélation inattendue, le malheureux pourra-t-il se contenir? Ne poussera-t-il pas au moins un cri de stupéfaction et d'horreur? Non, rien ne le prend au dépourvu, rien ne l'étonné: il dit (à pari) :
L'écriture en est fausse, et le seing contrefait; nissininlons pourtant... illaul] C'est ma lettre en elfet.
Sun parti est pris; il se résigne : il veut seulement éloigner Clytenniestre. Mais sans doute il exhalera plus tard son indignation, il flétrira la conduite inlj\me d'Ulysse?