I. 67/. hixlor., t. VU, p
-, Nouvelles remarques sur les ouvrages du sieur I)*** (1G85).
Mais U musc s'oublie et s'endort quelquefois. Ne le souvicnt-il pns de l'.ippiii do nos lois, Lo Tcliior, dont la liaiilo et lu raro pnidciire De l'nuguslo Tliémis tient en main la balance f Ne te souvient-il plus do son auguste fils, Luuvuis, à qui le soin do la guerre est cuniiuis i 11 est vrai que leurs noms.
N'attendent pas tes vers pour rehausser liîur gloire. Quand tu perds la mémoire avec lo jugcmoot, lis pardonnent sans peine à ton e'garemout.
Colbert était mort en 1G83.
allusions qui faisaient de la pièce une perpétuelle alléirorie :
Racine, cet homme excellent,
Dans l'antiquité si savant,
Des Grecs imite les ouvrages ;
Il peint, sous des noms empruntés,
Les plus illustres personnages '
Qu'Apollon ait jamais chantés.
Sous le nom d'Aman le cruel, Louvois est peint au naturel; Et de Vasthy la décadence Nous retrace un portrait vivant De ce qu'a vu la cour de France A la chute de Montespan.
La persécution des Juifs
De nos huguenots fugitifs
Est une vive ressemblance ;
Et l'Esthcr qui règne aujourd'hui
Descend des rois ' dont la puissance
Fut leur asile et leur appui.
Pourquoi donc, comme Assuérus, Notre roi, comblé de vertus, N'a-t-il pas calmé sa colère?
Je vais vous le dire en deux mots :
Les Juifs n'eurent jamais affaire Aux jésuites et aux dévots.
Celte chanson respectait du moins M"'^ de Maintenon, ai laissait croire qu'il n'avait pas dépendu d'elle déjouer Jusqu'au bout le rôle d'Eslher. Mais on ajouta un cin- ■cjuième couplet fort injurieux pour elle :
Comme la Juive d'autrefois.
Cette Esthor qui tient à nos rois
1. « Quelques-uns prétendaient que Jeanne d'Albret, après la mort • d'Antoine de Navarre, avait épousé secrètement d'.Vubigné, qui a
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Éprouva d'affreuses misères; Mais plus dure que l'autre Eslhcr, Pour cliassor la foi de ses pères Elle prend la flamme et le fer.
C'est ainsi que la malignité trouvait à s'exercer à propos d'une pièce dont le sujet et tous les incidents étaient historiques, et qu'une œuvre inspirée par la piété, destinée aux plaisirs innocents de jeunes filles, devenait l'occasion de scandales qu'on cherchait à faire retomber sur Ixacine. Celui-ci cependant ne se découragea pas, et, au lieu de répondre aux critiques qui accusaient sans doute le plan d'Esther et quehiues-uns des personnages, il voulut leur prouver (pi'il saurait, quand il le voudrait, même sans la ressource d'un sujet profane, faire une tragédie régulière cl complète. Il composa son Athalie^ c'esl-à-dire la pièce la plus achevée de noire théâtre pour la simplicité cl la force de la conception et de l'intrigue, pour la vigueur et la conséqueiue des caractères, pour la vérité saisissante de la couleur, |)our la majesté du spectacle, pour l'énergie, la magnificence, la hardiesse hihiique, et en même temps l'excjuise et merveilleuse pureté du style. Il devenait difficile de soutenir que Racine ne savait faire parler que des Français, qu'il n'entrait pas dans le caractère et le géuie des nations mortes, (ju'il ne pouvait reuiplir une action (|ue par les agitations et les fureurs de l'amour. Dans A t Italie y il marquait profondément les traits du peuple juif; il développait un sujet tout à fait en dehors des hahitudes du théâtre; il échappait complètement aux traditions et aux inlluenccs de son temps. On sait pourtant quelle fut la fortune de cette tragédie, proclamée par lîoileau le chef-
u écrit riiistoirc de son temps, o U.Vi.iHsu/iv Itislor., t, VII, p. ilKJ, note manuscrite.)
d'œuvre de Racine. On l'avait attendue impatiemment. « Racine, écrivait M'"* de Sévigné, va travailler à une- » autre tragédie, » et quoiqu'elle jugeât l'histoire d'Esther « unique », et que ni Judith, ni Ruth, ni aucun autre sujet ne lui parût se prêter aussi bien au but de l'auteur, elle comptait pour le succès sur le talent de Racine : « Il a pourtant bien de l'esprit; il faut espérera » Et cependant, malgré cette attente, malgré le goût qu'Esther avait donné au roi pour les pièces saintes et pour les représentations de Saint-Cyr^, le travail le plus achevé de Racine fut le moins apprécié de tous, et rien dans l'histoire littéraire n'est plus célèbre que la disgrâce d'Athalie.
Cherchons, aidé du récit de M'"* de Caylus, à nous rendre compte de celte affaire qui a été très-inexactement expliquée. On sait que la tragédie devait paraître avec autant de solennité que celle d'Esther. Les jeunes actrices avaient étudié et connaissaient leur rôle ; « mais, )) dit M'"' de Caylus, dans le temps que tout était prêt » pour la représentation, M™' de Maintenon arrêta lé » spectacle. » Etait-ce qu'elle n'eût pas compris la l)eauté de la pièce? craignait-elle qu'elle déplût au roi, et qu'il s'appliquât certains passages où la malignité pouvait voir des leçons pour lui? Mais la suite du récit de M™^ de Caylus dément cette explication : « M"" de 3Iaintenon fil » seulement venir à Versailles une fois ou deux les ac- » trices pour jouer dans sa chambre devant le roi avec » leurs habits ordinaires. » Et elle ajoute que, malgré Tabsence de tout appareil scénique, de toute illusion théâtrale, la tragédie fut vivement goûtée : « Cette pièce