‹ Les ennemis de Racine au 17è siècleChapitre 126 sur 146 · Lettre du 21 mars · texte numérisé non relu

Lettre du 21 mars

2. M"" do Sévignc dit : « Le roi y a pris goût, on ne verra autre » chose. »

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» est si belle, que l'aelion n'en parut pas refroidie : il nie » senihlo même (|u'elle |)ri)duisil alors [)lus d'ellel qu'elle » n'en a produit sur le théâtre de i*aris. » Ainsi, au rapport de M'"" de Caylus, le roi et M"" de Maintenon ne se seraient pas aussi élran{i;ement Ironipés sur le mérite d'Athaiie; ils n'auraient pas été froissés, comme on l'a supposé, par de prétendues allusions '.

t. Dans les précùilciitcs éditions de cet ouvrage, nous nous appuyions encore sur une lettre de IJoiicauîi Uacinc qui a été publiée pour la première fois par M. Aimé Martin, (Huvres compléles de Racine, 1844, t. VI, p. 11)7. Elle serait iniportaritc si l'aullienticité n'en était lortement suspecte. En voici le texte: « Le contre-temps de votre » incJisposition a été bien làciieux ; car en arrivant à Versailles, j'ai « joui d'une merveilleuse bonne fortune ; j'ai été appelé dans la » chambre de M""" de Maintenon, pour voir jouer devant le roi, par « les actrices de Saint-Cyr, votre pièce d'/l//ia/ie. Quoique les élèves » n'eussent <|uc leurs habits ordinaires, tout a été le mieux du monde » et a produit un grand effet. Le roi a témoigné ôtrc ravi, enchanté, » ainsi que M™" de Maintenon. Pour moi, trouvez bon que je vous » lépète que vous n'avez pas fait de meilleur ouvrage. Adieu, mon » cher monsieur, je suis fort pressé aujourd'hui. Si j'avais plus de » loisir, je vous rapporterais un mol charmant de M. de Chartres, » sur votre i)ièec, et qui a fait dire de grands biens de vous au roi ; » mais je vous verrai vraisemblablement demain, et j'aime mieux at- » tendre à vous dire cela de vive voix. »

M. Mesnard (Uacine, t. III, p. 5£6, noie) relève judicieusement les invraisemblances de ce langage : « Pourquoi apprendre à Racine que » c'était par les actrices de Saint-Cyr que sa pièce avait été jouée, » et avec leurs habits ordinaires? Racine le savait de reste. » Il trouve peu convenable que Roileau, quelque pressé qu'il fût, ait remis au lendemain la citation d'un mut charmant de M. de Chartres. Quant à cet austère évéque. Godet des Marais, qui avait blâmé les représen* lations d^Eslher comme dangereuses pour la modestie des jeunes filles, et qui, suivant La Baumellc, avait refusé d'assister avec son eollèguc et ami Fénelon à la répétition A'Atlialie donnée à Sainl- Cyr, le 22 février 16'J1, il n'est pas vraisemblable qu'il ait été plo» tard invité à Versailli^s, et que, non content d'approuver par sa présence ce qu'il avait toujours condamné, il ait prononcé « un mol charmant ». sans doute un mot d'éloge pour la tragédie. En outre,

Un détail que M"" de Caylus a négligé el que nous connaissons par le Journal de Dangeau, fortifie les conclusions de ce récit. Avant les représentations de Versailles, le roi avait assisté à Saint-Cyr à trois répétitions très-simples, sans théâtre et sans costumes, de la nouvelle pièce. A la seconde, qui est du jeudi 8 lévrier 1691, M"'' de Maintenon avait admis quelques dames. Le roi amena à la troisième, le jeudi 22 février, le roi et la reine d'Angleterre et cinq ou six personnes au nombre desquelles était Fénelon. Son jugement était donc déjà formé avant quAthalie fût jouée dans la chambre de M"' de Maintenon.

Il paraît aussi, au témoignage de M. Lavallée \ que, sur le désir du roi, d'autres représentations semblables eurent lieu encore à Versailles, cette année même et les deux suivantes, en présence des princes du sang et de quelques personnes de dislinclion. En 1699, quand fut célébré le mariage du duc de Bourgogne et de la princesse de Savoie, M""" de Maintenon fit venir encore dans sa chambre les jeunes filles de Saint-Cyr ])our jouer Athalie. « Le spectacle fut fort touchant et fort agréable, dit Dangeau. Cela se fit fort en particulier -. »

Enfin, en 1702, M"* de Maintenon ramena encore l'attention sur le chef-d'œuvre, dont l'auteur n'était plus, et le fit jouer à Versailles, non plus par les pensionnaires de Saint-Cyr, mais par des seigneurs et dames de la cour, et môme par des princes et des princesses. Le Mercure galant^ rend compte de ces trois

M. Aimé Marlin s'est trompé eu donnant à celle lettre, qui ne porte que cette indication : Versailles à six heures, la date de 1690. Les répétitions de Saint-Cyr sont de janvier et de février 1691.

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