‹ Les ennemis de Racine au 17è siècleChapitre 127 sur 146 · Histoire de la maison de Saint-Cijr, p. I lUet · texte numérisé non relu

Histoire de la maison de Saint-Cijr, p. I lUet

± 27 février 1()99.

Il 1 février 1702.

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biillantes roprésoutalioiis, dans lesiiudlos la (luchfisse de Bourgogne tint le rôle de Josabelli ; le duc d'Orléans, le futur régent, celui d'Abncr ; la présidente Cha<lly, celui d'Athalie, (|uVlle interpréta, dit-on, admirablement. Un seul comédien, retiré du théâtre depuis dix ans, Baron, eut l'honneur d'être admis dans celte illustre troupe, cl fut chargé du rôle du grand prêtre. « Les chœurs, dit le » Mercure, furent parfaitement bien exécutés parles de- » moiselles de la musique du roi. » La tragédie n'était donc pas tellement condamnée; elle n'avait pas blessé Louis XIV, ([ui tant de fois avait voulu la revoir, qui consentait à ce qu'elle fût jouée à Versailles par des princes de sa famille; la fidèle admiratrice de Racine n'avait pas abandonné en cette occasion la cause de son poète. Une lettre qu'elle écrivit au comte d'Aven au sujet des représentations de Versailles, achève de le prouver. Elle se plaint des diflicullés que rencontre son projet. Elles étaient suscitées surtout par la duchesse de Bourgogne. La jeune princesse disait à M'""' de ^laintenon « qu'elle » ne voyait point qu'Athalie réussît, que c'était une » pièce fort froide '. » En réalité, la duchesse était mécontente du rùle secondaire qu'on lui avait assigné : elle voulait jouer celui de Josabeth, confié à la comtesse d'Aven. M™" de Mainlenon se désespère de ces difficultés : cependant elle n'abandonne pas la partie, et, pour triom-

1. Lettre de M"" de Maintenon. Nous citions encore dans nos deux premières éditions la plirasc suivante : « que Racine s'en était rc- » penti, qu'elle était la seule qui l'cstimàt ». Et plus loin, ces li{;nes par lesquelles coniniençait la lettre : « Voilà donc Athalie encore I) tombée; le malheur poursuit tout ce que je protège et ce que » j'aime. » Nous avons dû supprimer ces phrases significatives; en cfl'et, elles n'ont pas été écrites par M"" de Maintenon ; elles ont été introduites après coup par La Bauniclle. Il est prouvé aujourd'hui que cet éditeur peu consciencieux des lettres de M™* de Maintenon en a inventé ou altéré un très-grand nombre.

pher des obstacles, elle donne à la duchesse de Bourgogne le rôle de Josabeth, « qu'elle ne jouera pas, » dit-elle, comme la comtesse d'Ayen ». Le succès récompensa dignement ses eflorts : cette œuvre « (ju'eile » aimait et qu'elle protégeait » parut avec l'éclat qu'elle n'avait pu avoir jusqu'alors, et les applaudissements de la cour, quoique peut-être ils fussent surtout à l'adresse de M"' de Maintenon et des acteurs, commencèrent la tardive réparation due à Racine ; ainsi semblèrent jusliiiés les sulïrages de Boileau et de quelques autres juges éminents. On sait, en eiïet, qu'Arnauld, tout en avouant ses préférences pour Esther, félicita l'auteur à l'occasion de sa nouvelle tragédie; quant à Fénelon, dès 1091, c'est-à-dire l'année même où Athalie fut imprimée, il la faisait étudier à son élève, le duc de Bourgogne. « J'ai vu, écrivait-il plus tard \ un jeune prince, à huit » ans, saisi de douleur à la vue du péril du jeune Joas; » je l'ai vu impatient sur ce que le grand prêtre cachait » à Joas son nom et sa naissance. » Ni le maître ni l'élève ne jugèrent donc froide et faible la dernière œuvre de Racine. Quant aux allusions tant de fois alléguées, s'il était vrai qu'on les eût remarquées, qu'elles eussent frappé le roi, on eut sans doute évité de mettre la tragédie entre les mains du jeune prince; Louis XIV n'eût pas choisi ce moment pour donner à l'auteur le titre de gentilhomme de sa chambre. Ce fait est décisif; et cependant, chose étrange ! on a voulu récemment faire remonter à la représentation d' Athalie l'origine de la disgrâce du poète ^ : on a prétendu que, depuis cette époque, le roi n'avait eu que froideur pour lui. Or, c'est alors quil lui accordait un honneur fort envié, et qui, à

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