Acte II, se
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Mais la tragédie sainte demande encore d'autres ornements, qui paraissent surtout « rebutants et épineux » aux poètes vulgaires : « 11 faut se remplir des grandes » vérités de la religion, et tirer de l'ICcriture ces richea » expressions que nous fournit la divine poésie du Psal- » miste et des prophètes. » Apparemment, on n'avait pas su, avant Boyer, s'inspirer de cette poésie sublime; les chœurs d'Esther et d'Athalie, la prophétie de Joad, n'étaient que de malheureux essais, de grossières imitations; le langage d'Esther, de Mardochée, de Joad, de Josabeth, de Joas, reproduisait mal la couleur biblique : seul, Boyer a réussi dans cette difficile entreprise : si l'on en doute, qu'on lise la Judith; qu'on y admire la majesté de vers tels que ceux-ci :
Peuples impatients, étouffez ce murmure; Quelques maux, quelque soif que Bétulie endure, Soumettez-vous toujours aux décrets éternels';
ou l'expression pathétique de cette peinture des souffrances de la ville :
Les Hébreux sont ici sans force et sans vigueur. Abattus par la soif et défaits par la peur. Tout le peuple périt; on se plaint, on murmure; Ici tout manque, et l'eau s'ij donne par mesure. Sur le moindre aliment qu'on partage entre nous, Tombent mille regards avides et jaloux.
J'ai vu plus d'une mère, étouftant la nature, Vouloir de son enfant faire sa nourriture^.
Quelle élégance ! quelle poésie ! et combien un style^ si brillant et si riche en remontre à celui de Racine 1