Nouvelles nouvelles, 3" partie. Paris, 1003, in
2. Grimni. Corresp. littér., nov. 1776. « Corneille n'obtint justice » (le son siècle qne lorsqu'il eut un rival qu'on voulait écraser. » 1,'adniiration pour lui tieviiit extrême à mesure que Racine » i'éleva. »
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irritable critique (h VÉcolc des Femmes, et celle qu'il composa sous ce litre : la Critique de la critique, ne furent pas jouées: mais elles coururent les salons, et lurent accueillies avec empressement par les nombreux emiemis que les Précieuses et l'École des Femmes avaient donn«^s à Molière. Les auteurs et les cercles ridiculisés par le grand poète comicjue eurent pour Visé les éloges et les enceuragemenls (ju'ils prodiguèrent aussi au Portrait du peintre de Boursault. Ce fut sans doute par leur entremise que Visé se réconcilia avec Corneille. L'auteur de la comédie du Menteur avait la faiblesse d'être jaloux, des succès de Molière, qui pourtant ne cachait pas (|ue cette belle œuvre lui avait révélé la vraie comédie. Comme cette accusation d'un ennemi ', l'abbé d'Aubignac, est conlirmée par le témoignage de Segrais, ami et admirateur exclusif de Corneille -, il faut bien croire (|u'elle a (juehjue fondement. Sans doute, la critique de l'École des Femmes lit pardonnera Visé la critique de la Sophonisbe, et ce fut sur ce terrain qu'eut lieu la réconciliation. Pour la sanctionner, Visé lit tout à coup volte-face : il devint l'ardent défenseur
I. « Je vous demande pardon si je parle de cette comédie ipii vous » fuit désespérer, et que vous avez essayé de détruire par votre cabale )) dès la première représentation. » (Qualrième dissertation concernant le poème dramatique.)
'1. Segraisiana : « C'est Corneille qui a formé le théâtre français : » il ne l'a pas seulement enrichi d'un grand nombre de belles pièces I) toutes dillerenles les unes des autres; on lui est encore redevable » (le toutes les bonnes de tous ceux qui sont venus après lui. Il n'y « a que la comédie où il n'a pas si bien réussi. Il y a toujours » (pielques scènes trop sérieuses. Celles de Molière ne sont pas de « môme; tout y ressent la comédie. Coineille sentait bien que Mo- » Hère avait cet avantage sur lui : c'est pour cela qu'il en avait de » la jalousie, ne pouvant s'empêcher de la témoigner; mais il avait » tort. »
de celte même Sophonisbe qu'il avait d'abord si amèrement censurée, et à ce sujet il engagea avec l'abbé d'Aubignac une longue guerre de dissertations injurieuses. Ces tristes pamphlets, profondément oubliés aujourd'hui*, ne sont pas inutiles; ils font juger de l'aigreur qui régnait alors dans les discussions littéraires ; ils nous expliquent l'animosité de certains adversaires de Racine et de Visé lui-même,%et le ton blessant de leurs critiques.
Ainsi Visé était enrôlé parmi les défenseurs de Corneille, et dès lors il fut décidément et pour toujours de son parti. En 1G07, il y eut un rapprochement entre Corneille et Molière. Celui-ci, depuis Alexandre, était brouillé avec Racine. De son côté, le vieux poète était piqué de la préférence que les comédiens de l'hôtel de Bourgogne donnaient aux œuvres de son jeune rival. Il fit donc jouer sa tragédie d'Attila par la troupe du Palais- Royal. Comment agit, dans cette circonstance, Visé qui avait si peu ménagé Molière? 11 fut obligé de suivre l'exemple de Corneille « comme un vassal suit l'exemple de son seigneur ». Telles sont, en effet, les expressions qu'emploient les auteurs de VHisloire du théâtre français 2. « On peut, disent-ils, comparer le raccommo- » dément de MM. Corneille et Molière à ceux des sei- » gneurs, dans lesquels les vassaux des uns et des autres » se trouvent compris sans y être appelés. » Ainsi Visé est considéré comme le vassal de Corneille; c'est de lui
1. L'abbé Granet les a rassemblés : liecueil de disseiiations sur plusieurs tragédies de Corneille et de Racine, Paris, Gisscy, 1710, 2 vol. in-12. On y trouve quatre Dissertations de l'abbé d'Aubignac. et deux réponses de Visé, sous ce titre : Défense de la Sophonisbe de M. Corneille, l'aris, 1603; Défense du Sertorius de M. Corneille, Paris, 1603.