‹ Les ennemis de Racine au 17è siècleChapitre 36 sur 146 · Lettre du 12 juillet 1G · texte numérisé non relu

Lettre du 12 juillet 1G

SOCIÉTÉ DU WIl' SIECLE. 0:5

sa lillc : « Racine fait des comédies pour la Champmesl»'; » et non pour 'a postérité ; si jamais il n'est plus jeune > et qu'il cesse d'être amoureux, ce ne sera plus la môme » chose '. > Ailleurs, elle s'est déclarée lasse du café, et a prédit qu'on s'en dégoûterait comme d'un indigne fa- Nori. Voltaire, avec sa légèreté spirituelle, s'est emjjaré des deux jugements cl les a réunis sous cette forme piquante, (|ue la Harpe et d'autres critiques ont trouvées chez lui et citée comme textuelle -. Au reste, la méprise Je la Harpe peut se comprendre; M'"" de Sévigné aime ces comparaisons plaisantes. Elle aime aussi, à propos ûo llacine, à fau'c de la critique prophétique. Rien n'est plus dangereux que de prédire l'avenir d'un écrivain : on court la chance de recevoir bien des démentis. Après Andromaqiie, elle avait dit : « H n'ira pas plus loin quAndroniaque; » lîacinc répondit par Britanniais, Ipkigénie, Phèdre. Plus tard, elle s'écria : « Eslher est un sujet unique, » et bientôt parut Athalie.

Si Racine avait de bien injustes détracteurs, il avait aussi, pour comble d'infortune, des partisans peu éclairés dans leur enthousiasme. Tel était M. de ïallard,dont M""" de Sévigné cite le jugement sur Dajazet : « M. de » Tallard^ dit que cette comédie est autant au-dessus » des pièces de Corneille que celles de Corneille sont, » au-dessus de celles de Boyer. Voilà ce qui s'appelle » bien louer. » On conçoit que la ridicule exagération de ces éloges ait révolté les admirateurs de Corneille, qu'elle ait amené des protestations et des ripostes, et qu'elle les ait jetés, par une revanche assez naturelle,

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