‹ Les ennemis de Racine au 17è siècleChapitre 37 sur 146 · Lellrc du 13 janvier IG · texte numérisé non relu

Lellrc du 13 janvier IG

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dans l'exagération contraire. De là en partie la sévérité de quelques jugements de M™° de Sévigné, de là son empressement à lire et à vanter, ce qui s'écrit contre les pièces de Racine; par exemple la Critique de Bérénice, par l'abbé de Villars. xMais l'illustre dame se distingue, entre tous les adversaires de Racine, par sa modération et par son goût. Si elle n'a pas pour le poète toute la vivacité que nous voudrions lui voir, du moins elle n'affecte pas de nier son talent. Elle reconnaît « qu'il a bien de l'esprit^ ». Elle relit ses tragédies à Vitré. Elle le sait par cœur et le cite aussi bien que Corneille ou la Fontaine. Elle voit jouer Andromaque à Vitré, et « elle y pleure plus de six larmes » ; « c'est assez, ajouta-t-elle, pour une troupe de campagne. » Enfin jamais elle n'a étendu jusqu'à la personne du poète les préventions qu'elle a pu avoir contre ses ouvrages ; jamais elle n'a attaqué son caractère; jamais elle n'a soutenu ses indignes concurrents. On ne trouverait même pas dans toute sa correspondance le nom de Pradon. Elle apprécie comme ils le méritent les autres grands poètes de l'âge nouveau. Personne alors n'a témoigné plus d'admiration pour Molière; personne n'a plus souvent rendu hommage au génie du grand poète « qui a corrigé, dit-elle, tant de ridicules ». Personne n'a eu d'éloges plus vrais, plus délicats, plus vifs pour les fables de la Fontaine. Enfin, bien que l'élève de Chapelain et de Ménage pût entrer dans les ressentiments de ses anciens maîtres, restés ses amis, bien qu'elle eût appris à l'hôtel de Rambouillet le respect de tous ces auteurs que l'on vouait au ridicule, jamais elle n'a poussé l'intérêt pour leurs personnes jusqu'à défendre leurs œuvres. Elle rend pleine justice au talent de Roileau ; elle est toute gagnée à sa

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