‹ Les ennemis de Racine au 17è siècleChapitre 43 sur 146 · A ]tropos d'un vers de la huitième satire · texte numérisé non relu

A ]tropos d'un vers de la huitième satire

Me moltrc au ran^ dos saints qu'a cëlébrés Bussy. Bussy répondit : « Despréaux est un garçon d'esprit et de mérite » que j'estime fort. »

LES ENNEMIS I>i; HOILKAII. «'•••

•portantes, car les ducs de Saint-Ai^Miau cl de Xoailles, le coiiile de (iuiche, se rencontraient chez elle avec Hapin, Ménage, Colin, Chapelain. Dansées réunions, l'esprit de coterie fut toujours très actif. Elle y admit avec enipressenieut Fontenelle, et son iniluente intervention fil beaucoup pour ouvrir au neveu de Corneille, à l'ennemi acharné de Uacine, les portes de l'Académie française.

Le salon de M""= de Pelissari, femme d'un riche financier de l'époque, servait encore aux ligues contre les .auteurs à la mode. On y voyait Gilles Hoileau, frère et ennemi du satirique, Furelière, Ouinault, Benserade, Perrault, Charpentier, Tallemant, c'est-à-dire tous les auteurs (juc nous avons déjà trouvés chez M""' Deshoulières et chez M"'" de Bouillon, tous les coryphées de l'Académie française.

En eiïet, il faudrait bien se garder de croire (jue les . grands auteurs qui font aujourd'hui la gloire littéraire de la seconde moitié du xvir siècle, soient entrés de bonne heure et sans obstacle dans l'illustre aréopage institué par lîichelieu. Bossuel ne fut élu (jnen 1071, un an après l'époque où il' avait été balancé avec Chap<'lain pour l'éducation du grand Dauphin. Un prédicateur célèbre, qui tenait par ses relations, par certaines productions littéraires, et un peu aussi par son gcnH, à l'ancienne école, mais qui doit cependant aux qualités brillantes de son style un rang distingué parmi nos classiques, Fléchier, fut admis en iOTiJ. En même temps (jue lui, après le succès de Mithridate, Racine entra dans le docte corps, où l'avaient dès longtemps précédé les Le C-lerc et les Boyer. Iluet, le savant évècjue d'Avranches, fut nommé en 1G74. Quant à Boileau, il n'est pas étonnant que son élection ait été bien plus disputée et bien plus tardive. Si quelque chose peut surprendre,

1)0 M-: s KNNKMIS I) K HOILKAU.

c'est qu'il ait lorcé les portes de cette enceinte, où \\ allait avoir pour confrères la plus grande partie de ses victimes. Il n'a pas manqué, dans son discours de réception, de faire spirituellement allusion aux motifs qui rendaient cet honneur bien inespéré pour lui. On sait, du reste, que le roi, protecteur de l'Académie depuis la mort de Séguier (1072), exprima plusieurs fois son vœu à ce sujet. Pour échapper à Boileau, les académiciens avaient nommé la Fontaine. Louis XIV ne consentit à l'admission du bonhomme, à qui l'on reprochait ses contes, qu'après l'élection de Boileau*. C'est en lt)8i que les deux poètes, dont cette concurrence n'avait pas refroidi l'amitié, entraient ensemble à l'Académie. Fénelon n'y arrivait qu'en 1098, et la Bruyère é!ait reçu <pielques mois après Fénelon.

A cette époque, les grands écrivains du xvu' siècle, soutenus par l'éclat de leur gloire et de leur talent, avaient acquis à l'Académie une légitime influence. Cependant la séance de réception de la Bruyère lit éclater des orages qui prouvent la force et l'animosité des académiciens de l'école opposée à Racine. Par un singulier bonheur pour un peintre de portraits, La Bruyère avait devant lui tous les écrivains supérieurs de son temps, qui tous étaient ses amis et ses protecteurs, qui tous, comme lui, défendaient la cause des anciens. Aussi, dans son discours, fit-il avec une rare délicatesse un magnifique éloge de la Fontaine, de Boileau, de Racine, de Fénelon, de Bossuel, « ce Père de l'Eglise, pour parler d'avance le langage de la postérité ». H eut des paroles flatteuses pour des académiciens ohscurs, tandis qu'il

1. On connaît cclto parole de Louis XIV aux députés de l'Aealémic qui lui annonraicut l'élection de Hoileau : « Vous pourrez le- » ccvoir incessamment la Fontaine; il a pnimis d'être saj;e. »

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