I. Vie (lo. 15i)il(Mii
104 LES E^.NEMIS DE UUILEAU.
lieuses qui furent répandues contre l'auteur. Racine retrouva, dans cette occasion, plus violents que jamais, les adversaires que nous avons nommés, et auxquels il faut joindre quelques autres ennemis plus obscurs, tels que Villars et Subli^ny.
Subligny, que Louis Racine donne à tort pour comédien, était avocat au parlement de Paris. Il fut de plus, suivant les biographes, maître en poésie de la comtesse de la Suze, femme célèbre par son esprit et ses vers, et aussi par les nombreuses aventures de sa vie. Elle correspondait avec Saint-Evremond ; son salon était un des plus fameux de l'époque, et, parmi les beaux esprits (ju'elle y recevait, il faut compter Pellisson, Ménage, Subligny : tous passaient pour avoir part à ses œuvres. Ce n'était pas la seule relation que Subligny eût avec le grand monde ; car sa pièce contre Andromaque est dédiée H M"" la maréchale de l'Hospital. Avant cette parodie, il avait déjà rédigé une gazette envers, intitulée :Lrt 3Iuse de la cour; et, chose curieuse, il fut un des panégyristes les plus enthousiastes de la ira'^édled' Alexandre. Il fil représenter en 1()70, sur le théâtre de Molière, une comédie intitulée : Le Désespoir extravagant. Robinet vante le mérite de cette œuvre
Écrite avec délicatesse
El d'un slyle très-élégant '.
Il n'y pouvait man([uer, puisqu'il s'agit d'un homme connu surtout par la criti(|ue d'une tragédie de Racine et classé dès lors parmi les adversaires du poète. Au reste, celte comédie, comme toutes les œuvres de Subligny, est complètement ignorée: il en serait de même de son
I I.ellre du Ili août 1(170.