‹ Les ennemis de Racine au 17è siècleChapitre 68 sur 146 · LES PROTECTEURS DE RACINE · texte numérisé non relu

LES PROTECTEURS DE RACINE

cour, et, en contestant la valeur de leurs œuvres, en attaquant la nature de leur talent, d'atteindre indirectement le goût et les sentiments du roi qui les admirait, de la cour dont ils reproduisaient souvent dans leurs écrits le tour d'esprit et le caractère. Mais en négligeant cette arrière-pensée qui a pu influer sur les dispositions malveillantes de Mademoiselle et de quelques grands seigneurs, il est trop clair que Racine n'a pas échappé aux sentiments de dépit et d'envie, suite presque inévitable de toute faveur éclatante. Le roi l'avait toujours soutenu de ses suiïrages; le voyant renoncer au théâtre, il l'attacha à sa personne par le titre d'historiographe de France *. Plus tard, il resserrait encore ces liens par le poste de gentilhomme de la chambre ^ Il aimait à l'entretenir, et souvent, dans ses maladies, le prenait pour lecteur ^

Avec le roi, beaucoup de personnages importants furent de bonne heure les admirateurs et les appuis de Racine. Colbert avait été le premier intermédiaire des libéralités du roi envers lé jeune poète, qui, plus tard, lui dédia sa tragédie de Bérénice. 11 resta toujours son protecteur et son ami. Il aimait à le réunir avec Boileau dans sa maison de Sceaux, et là il s'enfermait avec eux sans permettre qu'un importun vînt troubler ces doux entretiens'*. Son fils, le marquis de Seignelay, n'était pas moins engagé avec eux. Boileau lui a adressé une

3. Le roi avait donné à Racine un appartement au château, pour qu'il fût plus rapproché de lui et toujours prêt à lui faire des lectures.

â. Un jour, dit L. Racine, il s'entretenait avec eux, quand on lui annonça l'arrivée d'un évoque. « Qu'on lui fasse tout voir, s'écriat-il, excepté moi. »

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(le ses épîlres. A sa demande, Hacine, en 1085, composait une idylle ' pour une fête de Sceaux à laquelle le roi devait assister. Un des gendres de Golberl, le du(; de C-lievreuse, avaitéléàPort-Hoyal le condisciple de Kacine, «|ui lui dédia son Britannicus. Il conserva toujours au poète une vive amitié et l'entoura dans sa dernière maladie de soins assidus '^. L'autre gendre de Colbert \\v. «levait pas être moins favorable à Racine : c'était le (ils de ce duc de Saint-A.ignan qui, le premier, introduisit le jeune poète à la cour t;t accepta la dédicace de la Tlu'bdide.

Un homme qui, par les souvenirs de sa jeunesse, semblait appartenir naturellement au parti hostile à Uacine, le grand Condé, était au contraire un de ses j)lus chauds adinirateurs. Il sut, dans roccasion, défendre énergicjuement le poète menacé par le duc de Nevers. Il aimait à le recevoir chez lui ainsi que Boileau, et, dans les allées de Chantilly, il soutenait avec eux des discussions littéraires qui n'étaient pas toujours sans vivacité ^ Son fils hérita de son amitié pour les deux poètes, et il reçut quelquefois la confidence de leurs vers encore inédits *. Le marquis de Dangeau, h^ président de Lamoignon, le maréchal de Vivonne, frère de M"' de Montespan, le maréchal de Tallard, admirateuiexalté de Bajazet, M. de Guilleragues, ambassadeur de France à Constantinople, MM. d'EI'liat et de Manicamp, le chevalier de Nantouillel, (|ui indiqua au poète le sujet de la tragédie de liajozet, étaient aussi des partisans

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