‹ Les ennemis de Racine au 17è siècleChapitre 69 sur 146 · Mylle Sur la pair · texte numérisé non relu

Mylle Sur la pair

i. Mémoires do Louis Hacine.

3. « Dorénavant, disait Boileau après une de ces discussions, je • serai toujours de l'avis de M. le Prince quand il aura tort. »

i. Uacine, pendant le siège du Qucsnoy, lui lisait, ainsi qu'au prince de Conli, des passages do la Satire des femmes.

12G LES pnOTECTElKS DE KA(:l^■E.

de Racine. Il n'est pas l)esoin de nommer le brave Cuvoye, ni le secrétaire du cabinet du roi, M. l»ose, qui mit au service des deux amis son influence et l'ardeur de son caractère emporté et un peu bizarre.

Mais, de l'aveu des ennemis de Racine, son parti était surtout celui des femmes. 11 est vrai qu'ils ajoutent : « Excepté quelques femmes qui valaient des hommes *. » Au nom illustre d'Henriette d'Angleterre, il en faut ajouter bien d'autres. M'"*^ de Wontespan consultait Racine sur le choix d'un gouverneur pour le comte de Toulouse ■-. Ce fut elle qui suggéra au roi la jiensée de faire du poète et de son ami Roileau les historiens de son règne : suivant un mot de Louis XIV, cité par Louis Racine, elle commanda elle-même l'ouvrage, et c'était chez elle que les deux historiographes lisaient au roi leur travail. Une sœur de M'"** de Montespan, Marie-Madeleine de Rochechouart, abbesse de Fontevraull, chercha, dit-on, avant M'"* de Maintenon, à ranimer la plume du poète découragé. On sait qu'elle le prenait pour conlident de ses propres travaux littéraires, et qu'elle lui soumit une traduction du Banquet de Platon. On raconte d'une autre sœur de M""" de Montespan, M'"* de Thianges, un trait significatif. En 1075, elle donna à son jeune neveu, le duc du Maine, une chambre dorée : ou y voyait le prince assis dans un fauteuil et entouré de M. de l.a Rochefoucauld, l'auteur des Maximes, de M. de Marsillac, son fils, de Bossuet, de M'"^ de Thianges et de M"" de la Fayette. Au dehors du balustre était Boileau, armé d'une fourche et défendant l'accès de la chambre à sept ou huit mauvais poètes. Racine se te-

1. Baylc, Nouvelles de la rép. des Lettres, t. ill. ji. 81». Fontonell: Vie lie Conseille.

"2. Mémoiros tle Louis Uaciiic.

i.Ks iMi()Ti;c.Ti;riis i>k i'.acink. \-i:

liait près du satirique, et un peu plus loin on voyait la Foiilaino, à (jui celui-ci faisait signe d'avancer '.

A celle liste d'illustres daines, nous pouvons ajouter la spirituelle cousine de M"" de Sévigné, M"" de Goulanges, la laineuse duchesse de Mazarin, qui, en dépit de Saintl'ivreinond, proclamait en toute occasion ses préférences pour lîacine, et refusait obstinément de se rendre au goût et aux raisonnements de son ami. Enlin, nous devons nommer surtout celle (jui lui plus particulièrement l'amie de llacine,(|ui, pleine d'estime pour son caractère comme de sympathie pour son talent, le prit souvent |)our conseil et pour conlident de ses pensées et de ses chagrins, et dont rinlluence fut pour beaucoup dans la laveur croissante du poète et dans ses relations fréciuentes avec Louis XIV. Après la disgrâce de M"'* de Montespan, les leeiuies de l'histoire du roi continuèrent chez M""' de .Mainleiion : llacine, dans une de ses lettres à Boileaii, témoigne qu'elle s'intéressait beaucoup k ce travail, et l'on y voit en même temps avec quelle distinction l'historiographe est reçu par celte dame déjà toute-puissante '^. IMus tard, les deux amis travaillèrent ensemble à revoir les constilulions de Saint-Cyr. C'est à la sollicitation de M'" de Mainlenon et pour ses jeunes pensionnaires que llacine composa ces beaux cantiques qui ravissaient Louis XIV et Fénelon. Enlin, qui ne le sait? ce fut pour M""' de iMaintenon et pour Saint-G\r ([ue le poète reprit, après douze ans d'interruption, ses travaux dramatiques ; et nous devons aux pressantes sollicitations de sa prolet Irice la pièce gracieuse d'Eslher et le chef-d'œuvre iVAthalie.

I. Pris ilaiis I7/tô(oJre :l(' la vie et des outrages de lu Fontaine^ par Walckciiacr.

•1. Lcllrc du 4 août IGS7.

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