‹ Les ennemis de Racine au 17è siècleChapitre 7 sur 146 · Préface de Sophonisbe · texte numérisé non relu

Préface de Sophonisbe

INTIIODIICTION. :i

(juil se. lélicile de ne |)as clierclier les a^réiiieiils ijui sont (Ml possession de faire réussir au Ihéàlre les poèmes tliaiiiali(|iu's '; il est certain que toutes ses dernières Ira- ^^('dics, dej)uis Œdipe '}\is(\\ïd Suréna, sont remplies de petites intrigues amoureuses. Il a défiguré par les scènes de la j)lus froide «ialanterie, par les complications du romanescjue le plus invraiscmblahle et le plus stérile, le terrible sujet d'(Edipe; il est de règle dans ces pièces (pie tous les personnages, même un vieux soldat comme Serlorius, même un ambitieux comme Otlion, même le farouche Attila, portent les chaînes de quelque noble dame, et qu'aux calculs de leur politique se mêlent les intérêts de leur amour. Si ces héros et ces héroïnes dissertent sur leurs sentiments philùl qu'ils ne les éprouvent, s'il n'y a chez eux ni emportement de passion, ni véritable tendresse, ils n'en sont (|ue plus faux et moins supportables. Ainsi le goût du temps et les succès de Quinault gâtaient le génie encore si vigoureux de Corneille : quel(|ues belles scènes politiques, où le poète, rentrant dans sa nature et dans la vérité, retrouvait la précision, la force et l'élévation du style dlloracc et de (linna, étai(?nt j)erdues dans la froideur rebutante de l'ensemble; des sentiments guindés et fastueux, des situalions forcées, amenaient un langage obscur et souvent barbare, et Corneille, subissant des conditions si contraires à son génie, se condamnait lui-même à la décadence.

Racine, qui débutait au milieu de ce règne du bel esprit, n'avait encore ni des principes assez arrêtés, ni un talent assez mùr pour échapper à ces influences. Ses premières odes méritaient les éloges de Chapelain, dont il fut si fier, et qu'il recueillit précieusement pour les

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