‹ Les ennemis de Racine au 17è siècleChapitre 71 sur 146 · Î30 LES PROTECTEURS DE RACINE · texte numérisé non relu

Î30 LES PROTECTEURS DE RACINE

de là que durent partir beaucoup d'épigrammes et de chansons répétées et aggravées par tout le parti de Fontenelle et de M™^ Deshoulières. Il faut en citer quelquesunes, qui serviront à l'histoire de l'époque et à celle de l'esprit humain :

Le célèbre Racine

Après eux arriva;

D'une dévote mine

D'abord il s'écria :

(( Seigneur, de ces pécheurs

» .Détourne ta colère. «

Et sa dévotion,

Don, don, Chacun édifia.

Là, là, Hors l'enfant et la mère.

De faire sa fortune.

Les moyens sont divers.

Racine en trouvait une Dans le fruit de ses vers.

Mais son ambition N'étant pas satisfaite.

De la dévotion.

Don, don.

Le masque il emprunta,

Là, là, Pour n'être plus poète '.

Ailleurs, pour attaquer la piété du poète, on saisit le prétexte de sa rivalité avec Corneille, Ces chansons se

Vous os|)érez on vain des siècles ignorants Où vos fades écrits pourront servir d'exemple. Chez nos derniers neveux les poètes du Temple Vaudront moins que ses diamants (*).

(lîibl. nationale, Recueil manuscrit des Chatisoiis historiques, t. VU, p. 37.)

\. Chansonsliisloiitiues, IX, p. 100. Noël de 1697,. 45" et 108' couplets.

(*) On faisait dans le Temple des diamants faux. (Note manuscrite.)

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nippurleul, comme celles que nous avons d(''jà citées ', au discours de réception de la Bruyère.

t" Couplet.

Suis co que je te conseille; Sans t'en vouloir prendre au roi, Souffre que le grand Corneille Soit mis au-dessus de toi.

— Je ne saurais.

— Qu'il soit en place pareille !

— J'en mourrais.

2' Couplet.

Ta vanité me chagrine,

Loin d'être friand d'honneur,

La dévotion, Racine,

Veut qu'on soit humble de cœur.

— Je ne saurais.

— Fais-en du moins quelque mine 1

— J'en mourrais.

3' Couplet.

Si tu ne veux pas me croire, Quitte le dévot sentier; Dupé par ta vieille gloire, Reprends ton premier métier.

— Je ne saurais.

— Imprime donc ton histoire ' !

— J'en mourrais'.

Sans nul doute, ces odieuses imputations, répétées si longtemps, et qui faisaient en grande partie, par la voix des chansons, l'opinion publique, eurent une influence fatale sur Racine. Dans toute la longueur du recueil ma-

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